Pour ce crime il n’y a point d’expiation
LVlII-121. Si quelqu’un, âgé de plus de quinze ans, s’unit à une courtisane non ceinte et nue, après le quatrième pas fait, nous dévas, nous nous emparons de lui et le souillons jusqu’à la langue, jusqu’à la moelle,
LIX-122. Et dès lors il répand la mort dans le monde corporel de la pureté, tout aussi bien que les Zands sectateurs des Yàtus.
LX-123. Interroge-moi, ô saint Zaratliustra ! moi le créateur, l’Etre très-saint et très-sage et qui répond très-volontiers lorsqu’on l’interroge.
LXI-124. Si tu m’interroges, cela te sera très-profitable et (tournera) à l’avantage de ta sainteté.
LXII-125. Zarathustra interrogea donc Ahura-Mazda (en ces termes) : Créateur des mondes ! Quel est celui qui te fait l’offense (*) la plus grave, qui t’afflige de la plus grande peine, toi qui es Ahura-Mazda?
126. Ahura-Mazda répondit : C’est, ô saint Zarathustra ! le Jahi (^) qui mêle le germe du fidèle avec celui de l’infidèle, le germe de l’adorateur des dévas avec celui du Mazdéen, du peshôtanus et de celui qui ne l’est pas.
LXIII-127. Par son regard il arrête (®) le tiers des eaux courantes les plus rapides (^).
128. Par son regard, ô Zarathustra ! il arrête dans leur développement le tiers des plantes en pleine croissance, des plantes brillantes, de couleur d’or.
le fait le D. Spiegel. On ne sait point ce que sont les Zands de ce §. On les a confondus tantôt avec les Zandiks du Minohhired, que Neriosengli et d’autres auteurs orientaux considèrent comme les amis et les adorateurs des devas, tantôt avec les sectaires dont parle Maçoudi et qui mettaient le Zend, la glose au-dessus du texte. Mais le mot bactrien zandas ne peut pas dériver de dzainti, glose ; ce devrait être un mot pehlvi doté d’une terminaison zende et inséré à une époque récente, ce qui n’est pas admissible. Les Zandas sont probablement ces disciples des Yàtus toujours prêts au meurtre, dont parle le fargard I. 57. Comparez le § 121 initio. 11 est à remarquer qu’on appelle encore zendes, les populations guerrières et insoumises, du sud de la Perse. Peut-être qu’à l’époque de la composition de ce fragment ces peuples étaient restés ennemis du mazdéisme et infestaient l’Éran.
(*) Spiegel : qui exerce la plus grande vengeance contre toi. Ce sens ne paraît guère convenir ici. Le bactrien aenanTi correspond au sansc. enas, péché, offense; le pehlvi kin, au persan kin, qui signifie aussi : inimitié, injure. Comparez kln gâzar, vengeur d’injures.
(2) Démon de l’impureté : il représente ici l’homme de mauvaises mœurs.
(*) Ou plutôt : prive de force, d’action, de mouvement. Pehlvi : pûdlrânlnîtano , arrêter.
{*) A thraota comparez le sansc. drùta : rapide, de cours violent (et non srôtas).
FARGARD XVIII.
LXIV-129. Il fait décroître (*) par son regard un tiers de (la verdure) qui recouvre (le sol de) Çpenta-Armaiti.
130. En lui adressant la parole, il enlève à l’homme juste (^), dont les paroles et les actions sont saintes, le tiers de (sa) force, de son triomphe, de sa pureté.
LXV-131 . Je te le dis, ô Zarathustra ! de tels êtres sont plus pernicieux que des serpents qui lancent leur venin (^),