‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 313 sur 686 · Où trouverons-nous la mort pour lui · texte numérisé non relu

Où trouverons-nous la mort pour lui

147. Il est l’arme (qui frappe) les dévas, il est l’adversaire des dévas.

148. Par lui la Druje perd sa nature (^), les adorateurs des dévas sont abattus (^), (et avec eux)

149. La Naçus créée par les dévas et la fourberie au langage mnnteur (^).

XLVII-150. Ils parlèrent (ainsi) ; ils fuirent les dévas, ces méchants,

auteurs du mal, au fond du séjour des ténèbres, du redoutable enfer.

(0 La montagne des démons, la porte des enfers. Anro-Mainyus a probablement en vue de tromper et de perdre les hommes. La manière dont il interpelle ses auxiliaires est assez étrange.

(iî) Litt.: la Druje se dédruje. Elle ne peut plus nuire ni tromper. Glose pehlvie : sa puissance tyrannique lui est enlevée.

(®) Glose de ces §§ : leur affaiblissement est accompli.

(♦) La version pehlvie semble se référer à un texte différent du nôtre. Elle ajoute un verbe (est abattu), et ne traduit point draôgho.

FARGARD XX

1° ORIGINE DE LA MÉDECINE. — THRITA, PREMIER MÉDECIN, §§ 1-18. — 2® PRIÈRES CONJURATOIRES POUR ARRÊTER ET GUÉRIR LES MALADIES , §§ 19-29.

Ce fargard, très-court du reste, ne s’occupe que d’une chose, la médecine. On y verra combien cet art salutaire était en honneur dans la terre d’Éran. Le Thrita, dont il est ici question, fut, selon la tradition, un héros descendant de Yima, père de ce Kereçâçpa dont parle le premier fargard ; il appartient par conséquent à la famille des rois éraniens des temps héroïques. Il semble difficile de l’assimiler au Trita des Védas, car ce dernier fait partie du groupe des personnifications de la lumière. Ce fargard se divise en deux parties qui semblent indépendantes l’une de l’autre; récit d’Ahura-Mazda et prières conjuratoires. Les deux fargards suivants paraissent également composés de pièces disparates. Il n’en est rien cependant ; mais on ne pourra comprendre ni le but, ni la portée de ces morceaux, si l’on n’en saisit pas bien la nature. Ces trois chapitres appartiennent à un manuel de prières liturgiques spécialement destinées à prévenir où à conjurer les maladies et faites par conséquent pour être récitées par les Atharvans, soit au pyrée, soit dans la demeure des malades. Des deux parties qu’on y distingue la première contient l’exposé d’un fait religieux ou d’une croyance, ou bien des invocations ; elle a pour but de ranimer la piété des croyants ou d’implorer la protection des génies. La seconde renferme les prières conjuratoires proprement dites et seule conduit directement au but de la cérémonie, la guérison des maladies par lesmanthras. A cette seconde partie appartiennent les §§ 19-29 du XX® fargard. Ces prières se terminent par une invocation à Airyama-Ishyô, (Aryaman-l’envoyé), ou plutôt par une citation d’une prière du Yaçna commençant par ces deux mots (Yaçna LUI). Cette prière est qualifiée par l'Avesta de très-sainte, très-forte, très-puissante, très-salutaire (Gatha I. 6; Yesht III. 5) ; elle semble même parfois égale à rHonover.(Vispered XXVII, 1. 2.) Elle est spécialement efficace pour combattre les maladies et à ce titre elle avait sa place marquée dans ce fargard. On se demande quel est cet Aryaman dont cette prière implore le secours. Il est incontestable que dans maints passages de l’Avesta, ce nom désigne simplement l’invocation, le manthra commençant par ce mot, manthra auquel il est donné une sorte d’existence substantielle, comme à l’honover. Mais il est évident que, précisément dans cette prière, le nom d’Aryaman ne peut pas désigner la prière elle-même; reste donc à savoir de quel génie il est ici question. Spiegel croit qu’ Aryaman est la personnification de l’obéissance à la loi. Cela peut être, pour ce qui regarde une certaine époque de l’histoire du mazdéisme ; mais il est bien difficile

FARGARD XX.

de croire qu’une conception abstraite de ce genre ait pu représenter, aux yeux des éraniens primitifs, la force qui calme la fièvre et guérit les blessures. De plus, en plusieurs endroits de l’Avesta, Aryaman se trouve associé et même assimilé, quant à son action propre, à Aslia Vahista et à Çaoka, les génies du feu et de la flamme (Yesht II. 1. III, init.); ailleurs il est l’arme d’Aslia Vahista (Yesht III. 5.). Tout cela nous autorise à conclure qu’Aryaman personnifie l’un ou l’autre des phénomènes ignés ; ce qui le rapproche singulièrement de l’Aryaman Védique, le fils de la grande nature, l’agent séparateur dujour et de la nuit, souvent aussi le soleil lui-même. L’Airyaman Avestique est également l’ami, le client ; ce doit être là le sens primitif.

I- l. Zarathustra demanda à Ahura-Mazda : Ahura-Mazda, esprit très-saint ! créateur des êtres visibles, être pur ! quel est le premier des hommes à l’action énergique (‘),

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