‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 38 sur 686 · I. — L’Eran avestique · texte numérisé non relu

I. — L’Eran avestique

Le pays qui vit naître le zoroastrisme et pour lequel fut composé l’Aves/a, faisait [»artie de ce vaste trapèze dont les bases s’appuient sur les monts du Turkestan et sur ceux du Kirman, tandis que les côtés atteignent l’Indou-Koush et le désert de Thèbes et dont un prolongement s’avance à l’ouest entre les steppes et la mer Caspienne jusqu’à l’Atropàtène. D’un aspect très varié, ce pays présente à la vue tantôt de larges chaînes de montagnes aux cimes élevées et d’immenses plaines de sable ou des marécages, tantôt de vastes forêts et des prairies, des terres riantes et fertiles. A l’occident, un désert d’une étendue de plus de 50 milles le sépare de la Perse. De nombreux cours d’eau l’arrosent en tous sens, apportant la vie à leurs rives arides. Au midi coulent le Hilmend, le Ferrah et leurs affluents, qui se jettent dans -la mer de Zareh à l’ouest ; au nord le Jorjan, l’Atrek, le Hare Rud, le Murghab et autres fleuves moins importants qui se perdent dans le sable ; le nord-est est traversé par l’Oxiis.

La nature n’y est pas moins capricieuse que le sol ('). D’un côté, un hiver prolongé y fait sentir toutes ses rigueurs, un froid intense, un vent glacial, des amas de glace et de neige y désolent la terre, et de l’autre, le soleil brûlant de l’été dessèche les cami)agnes et donne aux plaines de sable qu’il échauffe, l’aspect d’un vaste incendie. Les vents qui soutient de la mer Caspienne amoncèlent parfois la neige ; parfois aussi ils soulèvent des flots de sable qui détruisent les routes et engloutissent les caravanes.

Sur les bords des fleuves croissent le platane, l’amandier, le noyer, le figuier ; ailleurs, de nombreuses et vastes oasis se couvrent de prairies verdoyantes, de. campagnes fertiles, d’arbres et de vignes abondant en fruits. Les troupeaux de brebis,

.(') Quint. Curt. VII. 4, post. med. Comp. id. VII. inü.

INTRODUCTION

de bœufs et de chameaux y trouvent de frais et gras pâturages {'). Mais là même encore la vie est dure et laborieuse, car ces oasis sont désolées par l’hiver et les orages. Le laboureur doit y lutter sans cesse contre la sécheresse ou l’envahissement des eaux. Les insectes nuisibles, les loups, les ours et les serpents venimeux font à leurs habitants une guerre sans trêve ; enfin, les maladies produites par l’atmosphère des steppes y répandent la terreur et le deuil.

Page 1