La force du corps entier, la sagesse qui forme tout
XVHI-59. Que je parcoure ces mondes, en maître absolu, abattant la
haine, écrasant la fourberie.
60. Que j’abatte l’inimitié de tous ceux qui haïssent ; des dévas et des hommes,
61. Des Yâtus et des Pairikas, des rois oppresseurs, des Kavis et des Karapans (^),
62. Des criminels bipèdes, des Ashemaoghas bipèdes, des loups à quatre pattes,
63. De l’armée aux larges fronts de bataille, qui envahit, usant de ruse. XIX-64. J’implore de toi, Hôma, qui éloignes la mort, ce premier don,
le paradis des justes, lumineux, tout brillant .
65. De toi, ô Hôma ! qui éloignes la mort, j’implore ce deuxième don, la santé (et la force) de ce corps.
66. De toi, Hôma, qui tiens la mort écartée, j’implore ce troisième don, une longue vie pour le principe vital.
(1) Litt. : le suivant d’une récitation plus forte. Torpel retranche ce mot qui gêne le mètre. Le Destour Peshotan traduit après cette récitation... tu forças les dévas, etc. Yoy. Dhihart, p. 47, 49, note
(2) Et non je loue; comp. 59.
(3) Ou de toute forme.
(‘) Voy. Hâ XXXll, 14, note. Pour maintenir le mètre il faut retrancher deux ca et lire Ashmaoghanâm.
XX- 67. De toi, ô Hôma ! qui.éloignes la mort, j’implore ce quatrième don : c’est que je passe sur cette terre fort et prospérant, selon mes désirs ; abattant la méchanceté, frappant la fourberie.
68. Je te demande cette cinquième grâce, Hôma, qui éloignes la mort : que je parcoure cette terre en vainqueur, frappant les oppresseurs, abattant la méchanceté, frappant la fourberie.
XXI- 69. Je te demande cette sixième grâce, ô Hôma ! Que nous apercevions les premiers le voleur, le meurtrier, le loup ;
70. Qu’aucun d’eux ne nous surprenne, mais que nous les surprenions tous.
XXH-71. Hôma donne aux guerriers qui pressent leurs chevaux à la course, la force et la vigueur.
72. Hôma donne aux femmes stériles (*) une postérité brillante, et une descendance pure.
73. Il donne aux maîtres de maison qui lisent les Naçkas, la prospérité et la sagesse.
XXHI-74. Il donne aux filles restées longtemps sans être prises (comme épouses), un époux juste et généreux, aussitôt qu’il est imploré, lui, le sage (génie).
XXIV-75. Hôma a déposé, privé de son royaume, Kereçâni(^), enflé par son amour de la domination.
(') Azîzânaitihis, ou « enceintes » si l’on lit âzls.
(2) Quel est ce Kereçâni? Les mythes védiques mentionnent un Krçânu appartenant aux Gandharvas et défendant le Hôma contre l’oiseau céleste qui veut le ravir pour le porter à Indra. Ces deux personnages sont-ils originairement les mêmes? Weber l’a soutenu et après lui Spiegel ainsi que Kühn. A leurs yeux, Kereçâni a aussi des rapports essentiels avec le Hôma. Nous ne saurions les suivre en cette voie. Nous avons ici dans le Yesht de Hôma un trait fort simple et d’apparence toute historique, la chute d’un roi ennemi du mazdéisme naissant et nous savons s’il y en eut; dans les Védas au contraire, nous ne voyons qu’un mythe relatif à la foudre et à la pluie. Hôma intervient ici au même titre que dans l’histoire du Touranien Franraçyana. Voy. Yesht IX, 18 ; cf. id. 22. Le dévot Hômiste a voulu faire honneur à ce génie, de la victoire remportée sur un ennemi de la loi. On voit aisément que le rôle de Hôma est ici tout accidentel et se détache parfaitement du fait sans y rien changer ; ce n’est point Hôma que Kereçâni a outragé. A notre humble avis, on cède trop facilement à la tentation d’assimiler les héros et les faits lorsqu’il se présente une simple similitude de nom, souvent fortuite ; comme serait celle des noms de Rêmus et de Râmas. Nous en dirions volontiers autant de l’assimilation du déva Nâonhaitya, unique en son espèce et déva de l’orgueil, avec les Nâsatyâs, les Açwins védiques, les représentants des crépuscules et d’autres encore. Voyez sur Kereçâni mes Origines du zoroastrisme, au Journal asiatique, sixième article.
YACNA.
76. Lui qui disait : Que désormais aucun Atharvan, aucun maître de la loi(‘) ne parcoure mes provinces pour propager (sa doctrine).
77. Car il frapperait toute croissance, il détruirait toute prospérité.
XXV- 78. Salut à toi, Hôma ! qui, par ta propre puissance, es roi souverain.
79. Gloire à toi, qui connais les nombreuses paroles dites avec vérité.
80. Gloire à toi qui ne sollicites pas, par des questions, les paroles véridiques (mais les connais par toi-même).
XXVI- 18. A toi, en premier lieu, Abura-Mazda a présenté la ceinture (sacrée), ornée d’étoiles, formée dans le ciel, la loi sainte, Mazdéenne.
82. Tu te tiens sur le sommet des montagnes, revêtu de cette ceinture, pour perpétuer les rites et les chants de la loi sainte (^).
XXVII-83. Homa, chef des maisons, chef des bourgs, des tribus, des provinces, maître de la science par ta sainteté !
84. Je t’invoque en ma faveur, pour (obtenir) la force, la victoire, une nourriture três-salutaire pour mon corps.
85. Arrache-nous aux haines de nos ennemis, (préserve) notre esprit des empoisonneurs (^).
XXVIII-86. S’il est dans cette maison, dans ce bourg, dans cette tribu, dans ce pays, un liomme qui se plaise à nuire,