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V. — Vie religieuse des disciples de l'Avesta

L’Éran, comme l’Inde, avait conservé un souvenir incontestable de la croyance à une chute originelle; aussi, le parsisme reconnait-il que l’homme se trouve actuellement dans des conditions de déchéance. L’éranien, né même de disciples fidèles de la loi, ne pouvait faire partie de la société des croyants qu’après avoir subi une réhabili-

(>) Comp. Manou, V. 114 et suivants.

INTRODUCTION

tation, qu’après avoir été l’objet d’une initiation, d’une consécration qui l’arrachât à j son premier état d’indignité. L’Inde se servait même des termes précis de génération nouvelle, né une deuxième fois {dwijanma, dwija). Les lois de Manou, IL I69-I70 expliquent clairement la nature de cette régénération (').

Aussitôt après la naissance de l’enfant, la mère doit lui presser sur la bouche du coton imbibé de jus de Hôma, puis le laver avec du gômêza et de l’eau. Avant cela il est impur et souille tout ce qui le touche.

Lors(iue l’enfant a atteint l’âge d^trois ans, le père doit offrir pour lui un sacriffce â Mithra, le jour du mois de Mithra qui porte le nom de ce génie (le 16).

A cinq ans commence l’instruction religieuse de l’enfant; de sept â dix ans la I moitié de ses fautes retombent sur ses parents, aucune avant l’âge de sept ans ne lui est imputable. De sept à quinze ans ou de dix à quinze, il doit être introduit au corps des fidèles par les cérémonies d’initiation. Celles-ci se composent de purifications, de prières et de l’imposition du cordon sacré, lien double et d’une seule pièce qui se porte â la ceinture et ne peut être déposé que la nuit. Le jeune éranien est alors mazdéen {mazdayaçna), c’est-à-dire disciple de la loi sainte, de la loi de Mazda Ahura.

Il doit en observer tous les préceptes et l’étudier avec assiduité. Son père doit pour cela lui choisir un directeur spirituel ou Ratu.

Les obligations journalières du mazdéen étaient des plus compliquées, et les Parses modernes n’ont fait que les multiplier encore. Le mazdéen doit réciter certaines prières dès qu’il s’éveille, se lever au chant du coq (de l’oiseau chéri d’Ahura, la terreur des Dévas), revêtir les habillements prescrits et pourvoir le foyer de bois et d’herbes odoriférantes. Sa toilette, ses repas, tous ces actes doivent être accompagnés des prières et des purifications réglées par la loi. Ses repas sont réglémentés ; il ne peut y manger la chair des animaux créés par Anro Mainyus, il lui est interdit d’y parler â haute voix(-), de reporter à la bouche ce qui en est sorti, etc., etc. En se couchant(*), il doit examiner les actes de la journée et réciter des prières.

Aux jours de fête, aux jours consacrés au souvenir des morts, les prières et les obligations redoublent. Les devoirs des prêtres sont bien plus nombreux encore et plus compliqués. Le prêtre doit se lever vers minuit et alimenter le feu en lui prodiguant les marques d’une vénération religieuse; de longues prières sont assignées à chacune des cinq parties de la journée; des portions considérables des livres de la loi doivent être lues chaque jour.

Les Gahambars, les fêtes des morts, certains évènements particuliers, tels que les naissances, les morts, les souillures contractées exigent encore de nouvelles prières, de nouvelles cérémonies.

Les insignes et instruments dont les prêtres doivent toujours être munis sont : le i

{') Elle est toute extérieure et n’a rien de commun avec la régénération chrétienne. !

(■q « Il ne faut pas dire un mot en prenant son repas, car c’est un péclié. » Sâdder-Boundehesh, i fol. 15S, V®. I ^

(3) Il faut alors établir son bilan : « Combien ai-je fait aujourd’hui de bonnes oeuvres, combien I

ai-je commis de pécliés, combien de mérites d’actions vertueuses ai-je acquis? » Sdrfder-.BoMn- |

dehesh, id. ;

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