‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 44 sur 686 · VI. — Du mariage et de la famille · texte numérisé non relu

VI. — Du mariage et de la famille

L’antiquité aryaque croyait que l’homme ne pouvait obtenir une condition heureuse dans l’autre vie, s’il ne laissait après lui des descendants qui pussent perpétuer la flamme du foyer domestique et honorer la mémoire de leur père par des prières et des offrandes. En raison de cette croyance, VAvesta impose au père l’obligation de marier sa fille; il exalte le mariage et le représente comme un acte mériloire. Une autre pensée guidait encore en cela ses auteurs, c’est que le mariage, à leurs yeux, multipliait les créatures d’Ahura Mazda. Toutefois, le mariage des mazdéens seul pouvait avoir cet heureux effet ; aussi, était-il défendu aux fidèles de s’unir à l’adorateur des Dévas. Celui qui s’alliait de la sorte à l’impie méritait d’être mis à mort comme un loup furieux, comme un serpent plein d’un venin mortel (Vend. XVIII. 23, 115, 123, 133; IV. 138 et ss.; XIV. 65, 66).

VAvesta s’élève avec force contre l’inconduite sous toutes ses formes et pose des prescriptions très sages pour assurer des naissances heureuses ; mais il dépare ces traits de sagesse en permettant les mariages entre les plus proches parents. C’est un acte du plus haut mérite que d’épouser sa sœur.

La polygamie ne semble pas y avoir été admise ; cependant elle parait autorisée lorsqu’une première union était restée sans fruit. Nous ne trouvons pas non plus, dans ce qui nous reste des livres avestiques, de cérémonies particulières pour le mariage ; il est probable cependant que l’origine de celles qu’observent encore les Parses modernes remonte aux temps les plus reculés. Le dernier Gàthà semble être un épithalame. L’Afrin Paighambar Zartusht s’employait probablement dans les cérémonies du mariage. La puissance du père de famille n’y est pas non plus déterminée ; certaines allusions au traitement des femmes et des enfants semblent indiquer qu’elle avait la même étendue dans l’Éran que dans l’Inde aryaque. La jeune fille éranienne vivait dans la dépendance de son père ou de son frère ; l’àge du mariage était fixé à seize ans (Vend. XIV. 167).

Les enfants devaient être l’objet de soins attentifs et d’une surveillance exacte pendant les sept premières années de leur existence ; c’est là tout ce que nous savons de l’éducation dans les familles éraniennes (Voy. Vend. XV. 131).

(') Hâvana et tasta (pl. I et II). Voy. Vend. III. 4, et la table.

(*) Le Khrafçtraghna. Voy. Vend. XVIII. 5, note. Ils se servaient aussi pour le sacrifice de l’astramairya couteau du sacrifice, couteau qui donne la mort. M. Darmesteter le confond, par erreur, avec le açpahê astra du fargard IV et rend ces mots par fouet pour rendre compte de ses fautes, pour les châtier ; supposition sans fondement. Astra n’est pas un fouet mais un aiguillon, un trait. Il se fie à Aspendjarji qui donne l’usage moderne et la forme moderne de l’instrument au lieu de l’ancienne.

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