‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 454 sur 686 · XLII (W. XLIII · texte numérisé non relu

XLII (W. XLIII

Souhaits de bonheur adressés au ciel pour le ministre de la loi. Grandeur d'Ahura, distributeur des récompeyises et des châtiments. — Premier entretien de Zarathustra avec Ahura-Mazda (^). Zarathustra demande la puissance nécessaire pour faire régner la loi et la sainteté, il implore les dons célestes et terrestres pour lui-mème et pour ses disciples.

1. Salut à celui, salut à tout homme à qui veut le donner Mazda, le maître suprême qui gouverne à son gré. Je te (^) souhaite qu’il t’advienne bonheur et puissance. Pour conserver la pureté, donne-moi, Armaiti, des richesses, les bénédictions, la vie du bon esprit.

2. A celui-là, (qu’Ahura) donne par un don brillant, (^) un éclat supérieur àtous. Fais-toi connaître, esprit très-saint, ô Mazda, donne les saintes industries du bon esprit, avec la joie d’une longue vie, pour toute la durée des jours.

3. Qu’il atteigne le bien supérieur au bien, l’homme qui nous enseigne les chemins droits de la prospérité de ce monde corporel et du spirituel, (voies qui conduisent) vers ces mondes parfaits qu’habite Ahura, ce ministre, digne de toi, plein de sagesse, utile, ô Mazda (^).

4. Je te proclame saint et puissant, ô Mazda ; (tu es fort) de cette main par laquelle tu nous fais avoir ces biens que tu donnes au méchant comme au bon, parla chaleur de ton feu pur et fort. Qu’ainsi me vienne la force du bon esprit.

(') De Ustâ, salut, premier mot de ce Gâthâ.

(2) Ou tout autre envoyé céleste, Çpenta maynius, Vohumanô.

(*) Ces pronoms désignent le favori d’Ahura dont il a été pi’écédemment question.

(4) Gâthrôyânâ, don brillant ou de bonheur.

(^) 11 semble que ce Gâthâ est composé de plusieurs fragments. Le premier se terminerait ici.

GATHAS.

5. Je t’ai reconnu l’esprit de vie, ô Mazda Ahura, car je t’ai vu à l’origine, à la naissance du monde. J’ai vu que, rétribuant les actions et les paroles, tu donnes le mal au méchant et la bénédiction sainte au bon, par ta vertu, au dernier terme de la création;

6. A ce terme, ô toi, esprit très-saint, Mazda, où tu viens, avec Khshathra et Vohumanô. — A ceux par les actes de qui les mondes progressent en pureté, à ceux-là. Armait! enseigne les lois de ton intelligence que personne ne peut tromper.

7. Je t’ai reconnu, esprit de vie (et de sainteté), ô Mazda, car (cet esprit) vint à moi (*) et me demanda : Qui es-tu? (^) A qui es-tu? Où sont les signes indiquant (qu’il est venu) le temps des entretiens relatifs à tes mondes terrestres et aux corps (^) ?

8. Je lui répondis, (moi) Zarathustra. Que je sois à mon gré un fléau manifeste pour le méchant et pour le juste une joie pleine de force. En sorte que je donne à volonté les splendeurs (^) de la puissance, aussi longtemps, ô Mazda, que je chanterai tes louanges et t’exalterai.

9. Je te reconnais, esprit de vie, ô Mazda Ahura ! car il est venu à moi par Vohumanô (^). Il me demanda (®) : Qu’aspires-tu à savoir? — Que je pense (à offrir) à ton feu l’oblation de ma vénération sainte et pure, tant que je le pourrai.

10. Et toi, donne-moi la sainteté que j’invoque pour moi (et demande) en plénitude, m’attachant à la sagesse. Apprends-nous par tes entretiens

(1) Par Vohumanô. C’est lui qui apparaît ici à Zoroastre pour l’instruire des doctrines mazdéennes. .Aussi la version pehlvie dit-elle simplement : Vohumanô vint à moi. Comp. 9, note.

(2) A qui es-tu? Auquel des deux esprits appartiens-tu? où de qui descends-tu?

(3) Litt. ; Comment sont les signes du temps indiquant de s’entretenir, d’interroger. Il s’agit des entretiens célestes de Zoroastre. Cp. Vendidad II, 3, apereçat. — Tes mondes., que tu dois régir. Le § 1, str. 8 indique clairement que Zoroastre commence seulement à parler et que ce qui précède est dit par Vohumanô ou Ahui’a. Il semble qu’il y ait une lacune entre 8 et 9, car la réponse de Zoroastre ne se rapporte guère aux questions posées. Cependant str. 9.1. peut, à la rigueur, être traduite : Je dis : je suis Zarathustra.

(*) Néopersan hush, hue. — Vaçi (t). Litt.: de manière à donner.

(‘) Ou bien ; il m’enveloppa du bon esprit, le fit pénétrer en moi. Le passage de la seconde à la troisième personne est surprenant; mais le pereçat suivant prouve qu’il faut traduire ainsi. Du reste, la tradition fait de Vohumanô le sujet du pereçat; c’est lui qui interroge Zoroastre. La str. L. V. 5 porterait à faire rapporter ces signes au feu. — Les traducteurs ont lu Vohumanô et prennent menhî pour la seconde personne : tu t’es pensé saint. Car Vohumanô vint, etc. — Menhi, j’ai pensé, reconnu. Nous prenons cette phrase impersonnellement : Ventum est mihi per Vohumanô ; i.e. Vohumanô venit. Cp. XLV, 3 d, et XL VIII, 7 a.

(®) Hujus interrogatio fuit. Vers quoi désii’es-tu pour savoir ?

GATHAS.

ce que nous devons te demander (^), car tes entretiens sont ceux des forts ; celui qui règne par toi donne la puissance d’accomplir les désirs Q.

11. Je t’ai reconnu esprit de vie, ô Mazda Ahura! car il est venu à moi par le bon esprit. A l’origine (le zèle pour) la diffusion de la loi, chose si diâficile, me fut inspiré (^) par vos paroles et il m’excita (^) à exécuter parmi les hommes ce que vous m’aviez dit être le meilleur.

12. Et tu m’as dit : « Je suis venu pour t’entretenir de la sainteté. >» — Mais ne m’ordonne point des choses qu’on n’écoutera pas, (voulant) que je les entreprenne, avant que Ç’raosha (®) ne soit venu à moi, accompagné d’une bénédiction abondante en biens et que par elle il n’ait distribué tes bénédictions aux champions (de la loi), pour leur (donner le) succès.

13. Je te reconnais esprit de vie, ô Mazda Ahura, car il est venu à moi par le bon esprit, pour m’apprendre (®) les choses dignes de désir. Accordez-moi (l’accomplissement de) ce (désir) que personne n’a encore obtenu de vous, (la possession) pour une longue durée, du monde parfait (^) que l’on dit être dans ton royaume.

14. C’est ce qu’un homme puissant donnerait à un ami s’il le possédait. Donne-moi, Mazda, d’accomplir (®) ce qui te plaît, en sorte que par ta puissance mise en action en vue (du développement) de la sainteté, j’excite (et fasse agir) les chefs de la doctrine et tous ceux qui se souviennent de tes préceptes.

15. Je te reconnais esprit de vie, ô Mazda Ahura; car il est venu à moi avec Vohumanô et il me montra que l’àme(®) paisible (^°) est la plus parfaite. Que l’homme riche ne cherche pas à contenter les méchants ; car ceux-là soutiennent tous ceux qui attaquent le juste.

16. O Ahura, moi Zarathustra, je vénère ton esprit qui est très-saint en toute manière ; que l’être corporel soit pur et puissant par l’âme ! Que

(') Quelles sont nos interrogations adressées à toi.

(2) Litt. : accorde un désir puissant ou rend puissant quant au désir. On peut aussi traduire : que le puissant te rende fort dans ton désir, s’applique à le faire triompher,

(®) Danh, dah.

(*) M’excitant, m’ordonnant.

{*) Ou bien : l’obéissance inspirée.

(®) Ou m’apporter de viz {vôizhdvai).

{’’) Tê, tui et non itê Darstâ peut aussi se rapporter à Vdo.

(®) De développer, le développement.

(9) Lisez Ush yà.

(10) Comp. tusnishad où la racine tush se montre évidemment.

GATHAS.

la sagesse habite un royaume où brille le soleil (*) ; qu’elle nous bénisse par le bon esprit, par les bonnes œuvres.

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