XLIV (XLV
Prédication de la loi nouvelle. Doctrine des deux esprits. Malédiction prononcée contre les méchants. Grandeur d' Ahura-Mazda. Sort final des âmes. Venue du prophète de la nouvelle loi.
1. Je vais le proclamer, maintenant prêtez l’oreille ; maintenant écoutez, vous qui de près, vous qui de loin désirez (connaître ces choses). Maintenant soyez instruits de tout, d’une manière claire (®). Que le maître
(') Cf. la racine vat. Zoroastre demande ce qui lui est nécessaire pour faire les sacrifices. La strophe 19 se réfère à l’objet de cette demande.
(2) Au prêtre.
(3) La peine finale subie en enfer. Zoroastre demande quel sera le châtiment de cet homme, dès cette vie.
(*) Et non : les Dévas ont-ils été des bons maîtres ? Jamais un Zoroastrien ne pourrait faire une pareille question. L’auteur demande comment les Dévas ont jadis régné sur le monde. Comp. Yaçna lX-46.
(3) Nous ne savons si nous pouvons prendre ce mot dans le sens du ha sanscrit, ou si l’on peut lui donner un sens abvervial : Comment en sera-t-il de ceux ? Mais nous ne saurions admettre l’expli-
cation que Justi a fait adopter. Le relatif mis à la place de l’interrogatif, celui-là placé comme complément du régime indirect au lieu d’être sujet et remplaçant lui-même un démonstratif, cela n’est pas possible.
(®) Ce Déva représente ici l’attaque violente et injuste des déprédateurs, des peuples voisins, ennemis. Ce chant a un cai’actère étrange. Il se compose d’une série de questions auxquelles il n’est donné aucune réponse. Ce n’est point là l’œuvre d’un réformateur, d’un chef de religion. Mais cette tournure poétique est peut-être ce qui a donné naissance à la légende des entretiens de Zoroastre avec Ahura-Mazda.
(^) Ou « se sont étendus > de uru dâ.
(3) Büm {=dh'wam) pers. pl. impératif moyen de ah.
GATHAS.
de l’erreur ne fasse pas périr le monde une deuxième fois, par ses mauvaises doctrines ; la langue du méchant est entravée (*).
2. Je proclamerai les deux esprits, principes de l’être. Celui des deux qui donne la vie dit à l’esprit destructeur : Non, de nous deux ni la pensée ni les enseignements, ni les esprits, ni les vœux, ni les paroles, ni les actes, ni les lois, ni les âmes ne s’accordent (entre eux).
3. Je proclamerai l’origine de ce monde que m’a dite Mazda Ahura omniscient. A ceux qui n’accompliront pas ici votre loi (ô Mazda) comme je la connais et je la publie, à ceux-là que la fin du monde soit pour leur malheur !
4. Je proclamerai celui qui de ce monde est le plus parfait par la sainteté (^). Mazda le connaît lui qui l’a constitué père de l’esprit saint et actif. Armaiti aux œuvres excellentes est sa fille. Il n’est point à tromper Ahura qui dispose toutes choses.
5. Je proclamerai ce que m’a dit le Très-Saint, parole la meilleure à être entendue par les mortels ; ceux qui me prêteront à moi tel, obéissance et dons (^) que Haurvatât et Ameretât viennent par les œuvres du bon esprit (qu’ils pratiqueront) et Mazda Ahura (également).
6. Je proclamerai la louange la plus élevée en pureté. Que celui qui donne ses meilleurs dons aux hommes animés de l’esprit vivifiant, qu’Ahura-Mazda l’écoute ; en le (‘) célébrant j’ai été instruit selon le bon esprit; qu’il me dirige par son intelligence parfaite.
7. C’est de lui que recherchent l’avantage tous ceux qui lui font des offrandes, tous ceux qui vivent, qui ont été ou qui seront. L’âme du juste désire l’immortalité et la vigueur qui accable les hommes méchants. Ahura-Mazda est le créateur de ces puissances (®).
8. Par les chants de notre vénération je veux le servir, lui qui est maintenant manifeste (®) aux regards. Par la pureté des pensées, des actions, des paroles saintes, on le connaît lui, Mazda Ahura. Portons-lui, déposons nos hymes de louange dans le Garônmanâ.
9. Nous désirons le satisfaire par le bon esprit, lui qui voulant notre
{>) Litt. : Le méchant est entravé par sa langue. Comp. Vendidad V, 116; 122, IX; 188-190. (*) C’est Mazda lui-même, comme le prouve la suite.
(*) Cayas de et.
(*) Mazda.
(^) Ou bien par cette puissance, l’immortalité, la vigueur.
(®) Ou bien « je l’ai distingué, s> connu.
GATHAS.
bien a produit l’agréable et le pénible (‘). Que Mazda Abura nous donne des domaines, des pâturages, pour faire prospérer nos troupeaux et nos âlsQ; selon la pureté par l’engendrement du bon esprit (^).
10. Par notre culte de la sagesse nous voulons le glorifier, lui qui est appelé le maître sage, sans défaillance. Tout lui a été donné (^) selon la sainteté et le bon esprit. A son royaume appartiennent l’intégrité et l’immortalité. Il donne à ce monde la puissance et la force.
11. Il est venu celui qui méprise et écrase les Dévas et les hommes pervers qui le méprisaient, tous ceux qui ne l’honoraient point (®). De l’apôtre de la loi, du maître de la sagesse par la loi sainte, du prêtre , tu es, ô Mazda Ahura, l’ami, le frère ou le père par la loi sainte.