XLVIII (XLIX
Plainte du réformateur persécuté. — Doctrines perverses répandues dans le monde, leurs suites funestes. — La loi d'Aliura donne le bonheur. — Prière pour le cultivateur, pour Frashaostra. Imprécations proférées contre les méchants. Prière de Zarathustra.
1 . Tandis que ce persécuteur ('^) puissant me combat (^) moi qui cherche à enseigner selon la vérité ceux qui s’élèvent dans le mal ; viens à moi, ô
(1) Qui donnera une cessation aux méchants cruels, ou un coup mortel (mm, cp. remô).
(2) Ou à satisfaire Mazda.
N. B. Les strophes 5-7 et 10 de ce chant ont été l’objet d’un travail remarquable de correction de texte d’interprétation que le docteur Roth a publié dans la Zeitsclir. D. D. M. G. t. XXV p. 203 et s.
Le savant professeur s’y montre très ingénieux; toutefois, il nous est impossible de le suivre dans cette voie. Un tel mode de restitution de texte nous paraît inadmissible. Son fondement, le mètre, est des moins sûrs ; car le mètre lui-même n’est déterminé que par des conjectures très contestables. Comment d’ailleurs, sans indice d’ordre réel, oser transformer des vers comme ceux-ci le sont par Roth ?
Str. 5. V. hukhshathrd khshéntàm mâ né duskhshathrâ khshêntâ, est changé en hukhshathrâ né mâ duskhshathrâ khshayentâ. Nous lirions hukhshathrâ mâ né duskhshathrâ khshayentâ . Str. 7. V- I. NI aeshmô ni dyâtàm paiti remem paitl çyodûm devient : Nidyâtàm paiti remem çyazdodùm. En outre l’interprétation donnée par Roth à str. 5 v. 3 est formellement contredite par les passages Vend. V. 62-63 et X. 35-36 qui prouvent que Vahistâ appartient à yaozhdâo et que ce dernier mot est un substantif ; hâ yaozhdâo yâ daenâ. Nous lisons aeshmô et rmem.
Ce chant se rapporte encore à un temps de lutte religieuse et de guerre entre les populations pastorales et les nomades. Le ton y est naturel et simple. Ce n’est point pourtant celui du prophète d’une loi nouvelle. Aussi, ne croyons-nous point pouvoir l’attribuer à Zoroastre. Celui-ci eût parlé, ce nous semble avec plus de force et d’enthousiasme, La strophe 12, notamment, ne peut être de lui.
(3) Mot inconnu dont Spiegel fait un terme abstrait désignant le monde mortel et Haug, un nom propre analogue au sanscrit Pândava (de la race de Pandu?) Ces deux interprétations nous semblent contredites par 2, a; car mànayéiti ne peut signifier « il nous fait penser » et le génitif ne peut être le complément de « il nous fait rester dans. » D’ailleurs, comment la fausse doctrine lie-t-elle au mond^ présent ? De plus, l’épithète de Mazistô (I, a.) s’applique très mal ici. Quant à l’assimilation de Bendvô et de Pândava, nous devons faire remarquer que, si l’adoucissement d’une tenue peut se supposer, ee n’est point à la première lettre d’un mot.
(*) Parfait moyen.
GATHAS.
Mazda avec les dons de la sainteté, (viens) à moi avec consolation (^). Que j’obtienne par Vohumanô la mort de ce (tyran).
2. Elle m’arrête la doctrine (^) de ce persécuteur, déchue par sa tromperie de la sainteté. Car ce méchant ne cherche point à conserver au monde la sagesse sainte, il ne consulte (^) point le bon esprit, ô Mazda.
3. La sainteté est attachée à la vraie croyance, pour être utile (au monde). Le mensonge (l’est) à (cette fausse) doctrine pour nuire. Tous les biens se trouvent sous la puissance de Vohumanô, je le proclame au milieu de tous les sectateurs du méchant.
4. Ceux qui favorisent Aeshma par leur intelligence pervertie, et la violence, par leur langage (*) ; oisifs au milieu de travailleurs actifs, se plaisant aux mauvaises actions et non aux bonnes, ceux-là favorisent (®) les Dévas, par cette loi qui est celle du mauvais (esprit).
5. Mais Mazda (®) est (la source du) bonheur et (de l’)abondance ; lui qui préside à la loi par le bon esprit. Tout qui connaît la sagesse par la pureté, (parviendra) avec tous ses biens dans ton royaume ô Ahura !
6. Je vous demande, ô Mazda, et je parle selon la vérité, cequi est conforme aux pensées Ç) de votre intelligence, pour connaître d’une manière sûre et vraie et pouvoir proclamer (*), cette loi qui viens de vous, ô Ahura!
7. Qu’on écoute (®) ceci avec de saintes dispositions, qu’on l’écoute avec pureté (d’intention), écoute toi-même, ô Ahura; quel est en vertu des lois le protecteur, le maître qui donnera au pasteur la louange convenable ?
8. Donne à Frashaostra cette joie suprême, la primauté de la pureté. Je te le demande, ô Mazda Ahura ! Donne la moi aussi dans ton royaume parfait. Que nous y soyons préposés (^°) pendant toute l’éternité.
9. Que le travailleur créé pour l’utilité (du monde) écoute tes ordonnances. Que l’homme véridique ne livre pas la puissance au menteur. Les
(') A augmentatif.
G) Ce mot doit être le nom donné à leur livre, au corps de doctrine par ceux que l’auteur attaque la tradition.
(S) Aoriste moyen.
(*) Leurs langues.
(‘) Us établissent fermement, ils donnent au monde.
(«) Nominatif et non vocatif.
(^) A l’esprit de votre intelligence.
(*) Pour connaître droitement afin qu.e nous la proclamions.
(9) Ou l’enseignement saint. Peut-être: que Vuhumânô écoute comme : jimat vohümananhd.
('«) Ou < en grand nombre uXeTaxot I >
GATHAS.
lois procurent une récompense excellente (‘), à celui qui est uni à la puretéQ, ô généreux Déjâmâçpa.
10. J’ai confié, ô Mazda, à ta protection, le bon esprit et les âmes des justes et la dévotion d’où (proviennent) la sagesse et l’abondance avec la grandeur, la force et la puissance impérissable (^).
1 1 . Mais aux (âmes) méchantes de puissance mauvaise, d’actes mauvais, aux mauvaises paroles, aux mauvaises tendances, aux pensées mauvaises, on apportera des aliments détestables (^) et elles seront vues habitant la demeure de la Druje (®).
12. Quel secours (^®) (quel bien) as-tu, ô Asha, (à donner) à Zarathustra qui t’invoque? Qu’as-tu (à me donner) par le bon esprit, ô Mazda Ahura, (à moi) qui vous bénis par des hymnes de louange, demandant uniquement ce que vous désirez (comme étant ce qui est) le meilleur pour vous ?