‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 59 sur 686 · CCXXXIII · texte numérisé non relu

CCXXXIII

à ce dernier passage la criminalité et le châtiment de celui qui les porterait seul. Le cadavre ne

peut être couvert de draps neufs (VIII. 65-97). Si le mauvais temps hivernal empêche de transporter

le cadavre au loin, on doit le déposer en un lieu écarté sui‘ une sorte d’isoloir et l’y laisser jusqu’à ce que l’hiver soit passé; on devi-a alors le transporter sur les montagnes, etc. (VIII. 11-29).

2“ Si le mazdéen meurt hors de toute hahitation, dans un champ, un bois, etc., son cadavre doit

être porté à sa tente, ou sa tente être apportée jusqu’à lui selon qu’il est ou non transportable.

Après qu’il en sera sorti, la tente sera purifiée et parfumée selon les règles (VIII. 1-10).

Les chemins par où le cadavre a été conduit doivent être purifiés par des prières et le passage des chiens à quatre yeux dont le regard met la Naçus en fuite.

Contact des cadavres. La souillure qu’engendre le contact des cadavres humains affecte spécialement l’homme et ses habillements, le feu, l’eau, la terre, It bois, les plantes et les ustensiles divers. Si le simple contact suffit à communiquer l’impureté, cependant cette impureté a principalement pour canal les fluides du corps humain. Elle s’attache à l’objet affecté d’autant plus fortement que ces fluides l’ont ou non pénétré. D’autre part, les attaques des bêtes sauvages et des oiseaux de proie appartenant à la création du bon esprit sont autant de défaites pour les Dévas et diminuent l’impureté ainsi que l’action contaraiuauto des cadavres. Il résulte de ces principes :

1° Que le cadavre d'un homme mort depuis plus d’un an ne souille plus ceux qui le touchent parce qu’il est entièrement desséché (VIII. 107).

2“ Que des vêtements pourront ou non servir encore en certains cas, selon qu’ils ont été ou non souillés par les fluides émanés d’un corps (VII. 28-58).

3° Un cadavre déjà déchiré par les animaux de proie souillera moins qu’un autre (VIII. 115) ; la faute de celui qui jettera à terre un os humain sera d’autant moindre que cet os sera plus desséché (VI. 16-53).

Relativement à l’homme, le Vendidâd distingue le contact volontaire ou le transport d’un cadavre (VIII. 111 et ss.), le contact involontaire (VIII. 271 et ss.); et la manducation d’une matière morte. Aux deux premiers cas correspond un mode de purification spéciale, indiquée aux endroits cités ci-dessus.

Le mangeur d’homme ou de chien moi't est impur à jamais (VII. 59). Les animaux mangeurs de matière morte doivent être purifiés comme il est dit au Farg. VII. 189-192.

On remarquera spécialement le mode de purification prescrit en cas de contact involontaire, la course échevelée, la purification opérée par le premier venu, contrairement à toutes les autres prescriptions de VAvesta (comp.VIII et IX) et le reste. Il y a évidemment là dinomie. La purification dont parle le Chap. IX s’applique à tout cas d'impureté ; il est même louable de la pratiquer une fois par an pour réparer toutes les brèches invisibles faites à la pureté du corps et de l’âme. Le tableau donné aux pages 619 à 621, indiquent suffisamment tous les cas d’impureté et les différents modes de purification. Il serait superflu de les énumérer ici de nouveau.

Notons seulement ce point. Il est entièrement faux que l'Avesta permette plus facilement d’enterrer les cadavres que de les brûler ou de les jeter dans l’eau. Les §§ 40-43 du Fargard III ne peuvent donner à entendre pareille chose. Bien loin de tolérer l’enterrement, VA vesta défend sévèrement de jeter un os à terre, ne fut-il pas plus grand que la première phalange du petit doigt. (VI. 16 et SS.) Et ce même Fargard proclame irrémissible le crime de celui qui ne déterre pas un corps enfoui en terre, contrairement à la loi (III. 130-136). UAvesta défend de cultiver pendant une année, le sol effleuré un instant par^un cadavre, et pendant cinquante ans, celui dans lequel cet objet impur a été enterré, bien qu’on l’en ait extrait peu après. Bien loin de tolérer celà, VAvesta, dans le passage invoqué, prescrit de déterrer tout cadavre qui a été souiller le sein de la terre, et promet le salut à quiconque démolit un dakhma. Il est également faux que la maladie soit considérée en pays avestique, comme une cause d’impureté. Il est possible que les lépreux fussent tenus à l’écart des habitations, et ce fait est attesté par Hérodote ; mais la cause de cette prescription était dans le danger de la contagion. Ce que Agathias et Onésicrite disent des malades abandonnés ou mis à mort peut avoir été pratiqué quelque- part, mais certainement pas en pays avestique. Il est même pres((iie certain, que ce dire des historiens grecs provient d’une fausse appréciation des faits auxquels donnaient lieu les châtiments barbares imposés au porteur de cadavre, par le Fargard III. 44 et ss. VAvesta parle fréquemment des maladies et des prières conjuratoires propres à les guérir, jamais

INTRODUCTION

il ne fait allusion à une souillure réelle. Les autres causes spéciales d’impureté, sont la grossesse et la menstruation des femmes. On verra aux Fargards V. 136-160; VII. 151-182 ; XVI, XVIIl. 136 et ss. tout ce qui concerne cette matière.

On verra aussi au Fargard XVII, les conséquences de l’omission des cérémonies prescrites pour la coupe des cheveux et des ongles. La fin de ce Fargard, peint sous une forme poétique, une superstition qui règne encore aujourd’ui en certains endroits, et qn&Xa. Mélusine attribue à tort à un pays pour qui elle n’est qu’un sujet de plaisanterie. Les cheveux laissés dans le peigne, y lit-on, sont saisis par les sorcières qui en font des talismans, au moyen desquels ils peuvent produire des maux divers, et jeter ce que l’on appelle un mauvais, sort.

Outre ces impuretés spéciales ayant une cause déterminée et visible, il peut s'en produire d’autres dûes à l’action invisible des Dévas. Le Fargard XI offre dans les prières qui y sont énumérées, un moyen de déjouer les plans des mauvais esprits, et d’arrêter leur action.

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