Pendant la troisième nuit, où séjourne son âme
6. Ahura-Mazda répondit : Elle se pose près de la tête, etc. (Voy § 2).
7. Lorsque la troisième nuit est écoulée (•*) et que la lumière commence à poindre, l’âme de l’homme juste arrive au milieu de plantes. 11 lui arrive un parfum apporté (des plantes).
8. Un soude qui le lui apporte vient à elle de la région méridionale des régions méridionales, (un soufde) parfumé, plus parfumé que tous les autres vents. L’àme de l’homme juste aspire ce soufde par le nez. D’où soufde ce vent leplus parfumé que j’aie jamais aspiré de mes narines?
9. De ce parfum vient s’avançant vers lui sa propre nature sous la forme d’une jeune dlle, belle, brillante, aux bras vermeils, forte, majestueuse, à la taille belle, élancée et droite, au corps admirable, noble, de race illustre, de l’âge de quinze ans, plus brillante de corps que les plus brillantes créatures.
10. Or, l’àme du juste, lui adressant la parole, lui demande (^) : qui estu (®), toi, la plus belle des jeunes dlles que j’aie jamais vue?
(•) Ou que (l’on récite) quaiul on s’éloigne.
(2) Ishaiti, elle va vers, elle atteint; ùh et non icch.
(’) Litt. : par l’écoulement de la nuit jusqu’au luii-e. Ou vyuçân pris adverbialement <,< au premier luire. »
(*) Lui demandant, dit.
(*) Quelle jeune fille es-tu t
YESHT XXI (XXII).
11. Alors sa propre nature lui répond. Je suis, ô jeune homme, (’) tes bonnes pensées, tes bonnes paroles et tes bonnes actions, la nature même de ton propre corps. Qui t'a faite Q de cette grandeur, de cette excellence, de cette beauté, avec une odeur si parfumée, ainsi triomphante, dominant tes ennemis, telle que tu te présentes à moi ?
12. C’est toi, 0 jeune homme, qui m’a faite ainsi (formée de) ton bon penser, (de) ton bon parler, (de) ton bon agir, la nature de ton propre corps avec cette grandeur, cette excellence, cette odeur parfumée, cette force victorieuse triomphant des ennemis.
13. Lorsque, là-bas, tu remarquais(^) quelqu’un pratiquant les feux de la magie (^), se rendant coupable (^) de séduction ou repoussant violemment les demandes, ou faisant des abattis d’arbres, tu t’inclinais récitant les Gàthàs à haute voix, honorant les eaux pures et le feu d’Ahura-Mazda, et cherchant à satisfaire (par des offrandes ou de bons services) l'homme fidèle, venu de près ou de loin. Ainsi tu m’as rendue, moi aimable déjà, plus aimableencore; belle, plus belle encore; désirable, plusdésirabb;encore; (J’étais) assise sur un siège élevé, tu m’as fait asseoir sur un siège plus élevé encore, par ces bonnes pensées, par ces paroles saintes, par ces bonnes œuvres.
14. Ainsi les hommes après cela m’honoreront, moi, Ahura-Mazda, honoré depuis longtemps déjà, consulté (par ceux qui cherchent la vérité).
15. L’àme du juste fait un premier pas et (le) pose dans le Humata (®) ; elle fait un second pas et le pose dans le Hûkhta {^) ; elle fait un troisième pas et le pose dans le Huvarsta (®) ; elle fait un quatrième pas, l’àme
(’) Yum pour yùm, voc. de yuvan. Comp. ashdum. Litt. : le bon parler.
(2) Litt. : qui t’a voulue, ou peut-être qui t’ a faite? Cakana doit être un participe ou un nom verbal ; comparez cakrin.
(3) Mot inconnu. Il doit signifier voir. Peut-être faut-il lire avaenois. Atevi^w n’y ressemble que par accident. 11 signifie simplement fixer.
(‘) Le sens de ce mot et de tous les termes suivants est inconnu; ils désignent certainement des actes coupables. Le premier, selon la version pehlvie, désignerait la moquerie. Ce pourrait bien être aussi la manière prohibée de célél)rer les funérailles par des cris et lamentations (çuc).
(■’’) Varôzhintem est certainement un particijje correspondant aux kerenaventem. On peut comparer à ce mot vrùs, frapper, etc. varakhedrem, est, d’après la tradition, le refus d’une demande, de vara khid, chid\ varôzhint serait, frappant une deina.ide, la rejetant. Ce sei'ait une expression répétant deux fois l’idée, comme dormir son sommeil. Que peut être cet abattis de bois, c’est difficile à deviner. La tradition y voit un entassement destiné à fermer la porte aux hôtes, aux amis. Le sens naturel serait : un abattis d’arbres sans motif et contrairement au respect que méritent, selon le mazdéisme, ces êtres provenant directement de la main du créateur.
(®) Ces trois mots sont les noms allégoriques de trois lieux que les mythes parses placent devant l’entrée du paradis. Ils signifient : bien pensé, bien dit, bien fait. On retrouve ces conceptions au livre A’Ardâ-i- Vlrâf et au Minokhired.
KHORDA AVESTA.
du juste, et le pose au lieu des lumières sans commencement.
16. Un juste, mort auparavant, l’interrogeant, lui dit : Comment, ô juste, es-tu mort? comment, ô juste, es-tu venu des habitations où (vivent) les troupeaux, du lieu des unions prolifiques, (‘) du monde corporel, au monde spirituel ; du monde périssable au monde impérissable ? Comment le bonheur t’est-il (“^) advenu pour toujours (^) ?
17. Alors Ahura-Mazda reprit ; Ne demande rien à cet homme que tu interroges, à lui qui est venu en cet (endroit du) chemin redoutable, horrible, avancé (^), à savoir, à la séparation du corps et de l’intelligence.
18. Des aliments qu’on lui apporte ce qui est d’huile pr intan 1ère (®) est cequi convient le mieux, après la mort, au jeunehommedontles pensées, les paroles, les actions, la règle de conduite ont été saintes. C’est l’aliment (qui convient) après la mort à la jeune fille qui a eu en plus grand nombre (®) des pensées, des paroles, et des actions saintes, toujours bien dirigée, soumise à son chef, (constamment) pure.
19. Zarathustra demanda à Ahura-Mazda : Ahura-Mazda, esprit trèssaint... être pur.
20. Lorsqu’un méchant vient à mourir, où séjourne son âme, cette nuit même?
21. Ahura-Mazda répondit : Elle court, ô saint Zarathustra, autour de la tête, disant à haute voix cette strophe des Gàthâs Ç) ; Vers quelle terre me dirigerai-je, où fuirai-je? Cette nuit même cette âme subit autant de douleur que le monde vivant tout entier...
22. Où se tient-elle la deuxième nuit? Ahura-Mazda répondit : Elle court, ô saint Zarathustra, autour de la tête, disant à haute voix cette strophe des Gâthâs; Vers quelle terre me dirigerai-je, où fuirai-je? Cette nuit même cette âme subit autant de douleur que le monde vivant tout entier...
(>) Sens donné par le pehlvi : vaija de dvaya, couple, union; maya, acte producteur de la génération.
(2) Comment le être bien a-t-il été à toi longtemps ?
(3) Litt. ; pour longtemps.
(^) Ou ; qui fait avancer au terme extrême.
(^) L’huile était, aux yeux des Éranieiis,le symbole de l’abondance et des délices; le printemps, celui de la richesse et de l’éclat; c’est pourquoi l’huile dorée est l’aliment du pai'adis mazdéen.
(®) Frayô=TzXdov. Lorsque les bonnes pensées, etc., ont été plus nombreuses que les mauvaises, le mort va au ciel.
(^) Kimàm désigne certainement le Gâthâ kàm nemôi, etc., kimâm est à hâm ce que ustavaitim' est à usta; c’est le Gâthâ XLV, 1.
YESHT XXI (XXII).
23. Où se tient-elle la troisième nuit ? Ahura-Mazda répondit : Elle
court, ô saint Zarathustra, autour de la tête, disant à haute voix cette strophe des Gàthâs ; Vers quelle terre me dirigemi-je, où fuirai-je? Cette nuit même cette âme subit autant de douleur que le monde vivant tout entier
24. Lorsque la troisième nuit est écoulée et que la lumière paraît, l’àme du méchant arrive dans (des lieux) d'horreur, et une odeur infecte arrive portée (jusqu’à lui). Le vent qui l’apporte souffle de la région occidentale, des contrées occidentales, répandant une odeur fétide, plus fétide que tout autre vent.
25. Alors l’âme du méchant aspire ce souffle par le nez : D’où souffle ce vent d’odeur fétide que j’aspire par mes narines, le plus fétide que j’aie jamais aspiré?
(La partie qui correspond aux § 26-32 est perdue).
33. L’âme du méchant fait le quatrième pas et s’arrête dans les ténèbres sans commencement.
34. Alors un méchant, mort avant lui, l’interrogeant, lui dit : Comment es-tu mort (^), ô méchant, comment es-tu venu des demeures pourvues de bestiaux, des lieux des unions prolifiques, du monde corporel au monde spirituel, du monde périssable au monde qui ne finit jamais? Comment ce malheur t’est-il arrivé pour jamais?
35. Anro-Mainyus s’écria alors : Ne demandez rien à cet homme que vous interrogez, lui qui est venu à cette voie redoutable, horrible, avancée à la séparation du corps et de l’àme.
36. Des aliments qu’on lui apporte ce qui est de poison ou mélangé de poison, c’est ce qui convient après la mort, au jeune homme dont les pensées, les paroles, les actions, les tendances ont été mauvaises. C’est la nourriture qui convient après la mort à la fille de mauvaise vie, dont les pensées, les paroles, les actions ont été en plus grand nombre mauvaises, à la fille mal gouvernée, indépendante de tout chef ('^).