ORIGINE DE PAVESTA. FASTES DES TEXTES
Les fastes des textes avestiques sont d’une obscurité vraiment étrange. La religion à laquelle ils servaient de base a joué pendant des siècles un rôle important en Asie et l’on ne peut ni découvrir à quel pays ces livres et leur langue appartiennent, ni retrouver des traces de leur existence avant le VII® siècle de notre ère. Des écrits religieux et autres attribués à Zoroastre étaient connus en Asie au temps de la conquête d’Alexandre. Ce fait nous est spécialement attesté par Pline, qui dit que Hermippe les avaient soigneusement étudiés et en avait noté tout le contenu. Hérodote parle d’une tliéogonie que les Mages chantaient pendant les sacrifices ; Pausanias affirme de même avoir entendu les Mages de Lydie chanter des hymnes contenues dans un livre écrit en une langue barbare inconnue aux Grecs. Plusieurs auteurs du !«'■ siècle de l’ère chrétienne parlent des sentences de Zoroastre. Ainsi, Nicolas de Damas {Fmgm.Qô) dit que les soldats de Cyrus s’attendrirent .sur le sortdeCrésus en se rappelant une prophétie du réformateur. On verra plus loin d’autres textes.
Les seuls importants de ces témoignages sont ceux d’Hermippe, si Pline n’est point dans l’erreur, et de Pausanias ; car, eux du moins ont vu un livre et ne font point seulement allusion à des traditions orales. Mais ce livre était-il YAvesta'l Rien ne permet ni de l’affirmer ni de le nier. La seule mention, autorisant une présomption affirmative, c’est celle que fait Pausanias, d’un langage barbare inintelligible aux Grecs. Le persan ne devait certainement point leur être inconnu ; il s’agit donc d’une autre langue. C’est là toutefois un bien faible indice ; malheureusement nous ne trouvons ni une phrase, ni un mot cité qui puisse servir de base à une assertion quelconque.
Ce que les auteurs post-alexandrins (qu’on nous permette ce terme) relatent de la religion zoroastrienne concorde assez bien avec les théories et les prescriptions de VAvesta, mais on peut signaler aussi des divergences notables. Ainsi, Plutarque, sur la foi de Théopompe, dit que les Mages sacrifient aux mauvais esprits ; qu’Aliura- Mazda créa vingt-quatre dieux et les enferma dans un œuf, après quoi, Areimanios créa vingt-quatre démons qui brisèrent l’œuf, etc.
Sous les Achéménides, le mot Avesta semble exister dans la forme persane abasta ( Voy. InscrijA. cun. de Bell. IV. 04), mais ce n’est encore que « la loi » dans son acception communeet générale('). Darius, d’ailleurs, vainqueur deGômatas, devait être peu disposé à recevoir les lois des autres Mages. De tous ces témoignages on ne peut donc tirer aucune conclusion tant soit peu probable et l’on en est réduit à interroger VAvesta lui-même. Pour arriver à une conclusion quelconque, il faut traiter ce point dans l’ordre inverse et remonter le cours des siècles.
(') Voy. Études avestiques, p. .53 etsniv.
INTRODUCTION
VAvesta a été apporté en Europe par Anquetil au milieu du XVIII® siècle ; déjà au XVII®, il Tavait été partiellement. La similitude complète des manuscrits indiens et persans démontre que VAvesta d’Anquetil est bien celui qui existait en Perse à l’époque de la conquête arabe. Certes, ce ne sont point les Parses persécutés, abaissés par les dominateurs raahométans qui eussent pu inventer ces livres et une langue. La littérature pehlvie si riche, si variée, s’est développée certainement sous la monarchie sassanide et l’on ne peut rapporter l’époque de la composition de la version pehlvie au-delà des premiers temps de cette monarchie. Or, les auteurs de cette version ne comprenaient qu’imparfaitement la langue de VAvesta originaire, non point qu’elle fut pour eux une langue étrangère car elle n’était parlée alors dans aucun pays, mais parce qu’elle était déjà éteinte et tombée partiellement en oubli. Le texte existait donc quelques siècles avant la version, c’est-à-dire aux abords de l’ère chrétienne. Enfin l’idiome avestique appartient certainement au nombre des langues anciennes de l’Éran, à ces langues qui tombaient en désuétude vers le deuxième siècle av.J.-C.il en a toutes les formes et toutes les flexions que les idiomes de l’âge moyen ont déjà perdue.«!. Or, il est peu probable qu’il n’ait eu de littérature qu’après qu’il eut cessé d’être parlé, ce serait un fait sans exemple. On a donc le droit de conclure que l’origine de VAvesta dit Zend ou vieux bactrien remonte au temps des derniers Acheménides ('). Peut-on la reculer beaucoup plus loin encore ?
Peut-on supposer aux Perso-mèdes une culture intellectuelle suffisante pour produire les Gâthâs, par exemple, avant qu’ils fussent entrés en contact avec les Chaldéoassyriens ? Cela ne parait pas probable. Ce que les Grecs nous en disent n’autorise guère cette supposition. L’exemple de l’Inde créant les Védas n’a point de valeur en cette question. A l’époque des Darius et des Xerxès, l’Inde donnait au monde ses grands poèmes épiques, et la Perse n’avait point encore une littérature au berceau. Nous arriverons plus tard au même résultat par une voie différente.
Si l’âge de VAvesta est encore incertain, le pays où et pour lequel il a été fait n’est pas plus facile à déterminer. On oserait dire qu’il l’est moins encore. On affirme généralement que ce fut la Bactriane. On s’appuie sur la tradition qui fait naitre le zoroastrisme à Balkh, l’ancienne Bàkhdhi, capitale de la Bactriane, et sur les indications du paragraphe 12 du YeshtX.
(') Dans une proclamation rappelant le zèle de chacun des souverains de la Perse pour la conservation et la diffusion de VAvesta, Kliosrou Parvîz dit, que Darâi fils de Darâi fit faire deux copies de VAvesta et Zand et les fit déposer l’une au trésor royal, l’autre à la tour des Archives. Cette relation peut être erronée. Cependant, on ne peut méconnaitre, dans cet édit, un esprit de discernement qui lui donne de l’autorité, Darâi est cité avant Valkhash (Vologèse) roi parthe, et celui-ci avant Ardeshir. Les rois Sassanides seuls sont qualifiés de roi des rois (malkân-i-malkâ). Vistâçp lui-même est appelé simplement le roi (malkâ). Il est à remarquer en outre que ce Darâi (Darius) est presque le seul souverain achéménide dont le souvenir ait été conservé dans les fastes des rois peisans du moyen âge; ce doit être le Darius III. Hamzah, le Müjmil-ut-tewarikh, etc., n’en connaissent guère d’autres. Cette exception ne s’expliquerait-elle pas naturellement si ce prince s’était attiré la reconnaissance des Mages par quelqu’acte semblable à celui que lui attribue Khosrou-Parvîz.
La proclamation dont il s’agit est bien de Khosrou-Parvlz, car tous les autres rois sont nommés a la 3' personne; Khosrou s'introduit lui-même par ces mots : Nous Khosrou Parvîz roi des rois, fils de Kavât.... nous ordonnons (framâyêm de framùtano, comme afzâyat de afzùlano). En outre ce Khosrou est le dernier dont il y soit parlé.
On pourrait ajouter que le passage de Strabon, cité plus haut, nous montre les Bactriens observateurs des prescriptions avestiques relatives au traitement des cadavres humains.
Mais il y a à opposer à la première raison que cette tradition n’est point confirmée par VAvesla et qu’elle n’est point uniforme; à la seconde, que le Yesht X indique bien comme patrie de l’auteur un pays avoisinant la Bactriane, mais non pas certainement la Bactriane elle-même, que l’interprétation des noms géographiques est d’ailleurs en partie incertaine',; à la troisième, que l’exposition des cadavres nous est donnée par Hérodote comme un usage des Mages mèdes et que cet usage a très bien pu être adopté par les Bactriens sans que ceux-ci aient eu la primeure de la religion zoroastrienne. Les Caspiens, d’ailleurs, l’observaient encore plus fidèlement (Voy. p. xvii).
On se demande comment la Bactriane, toujours soumise et si peu importante, aurait eu assez d’influence pour faire adopter sa langue comme idiome sacré et ses livres, comme livres sacrés par les Mages mèdes et les Persans. La solution lapins simple et lapins naturelle serait d’attribuer l’Hue^to aux Mages et àlaMédie. Une difficulté arrête; les mots médiques qu’Hérodote et les inscriptions cunéiformes nous ont conservés ne sont point avestiques, la langue à laquelle ils appartiennent ne semble point connaître certaines lois phonologiques essentielles à ce que l’on appelle le Zend. Ainsi le mot cpali ou çpax (chienne) cité par Hérodote ne se trouve pas dans nos textes qui emploient à la place çpân.
Les noms des personnages qui figurent dans les inscriptions de Darius ne connaissent point l’épenthèse (ex. : vati et non vaiti), ils ont rt pour sh ; les règles d’aspiration ne sont pas les mêmes.
Comp. Cithravaiti et cihathauvali (5e/«.,L58.) — Fravashis et fravartis{\\. 17.) — Çpâda et çpâdha {Bell., IL 82.) — Tighris et tigris (Eustath. ap. Dionys. 976). — Hvalihshathra et uvaklishatai'a (H. 15).
Mais il se peut aussi que çpax soit un mot populaire inusité dans la langue littéraire et que les Perses aient changé les noms mèdes pour leur donner une forme persane tout comme ils ont transformé les noms babyloniens de Nabukudurasur et de Nabunaid en Nabuhadracara et NabunUa. Ces différences ne peuvent donc point faire obstacle.
Ce qui nous semble décisif, c’est que le roi sassanide Khosrou Parvîz (531-579) dans sa fameuse proclamation insérée au Dinliart, dit que Vistàçpa fit réunir tous les ouvrages écrits e)i la langue des Mages {huzvâni mâgôgabrâ) pour acquérir la connaissance de la loi mazdéenne. Un roi zoroastrien de religion. Mage de race, affirme, vers l’an 550, que la langue de YAvesta était celle des Mages. Peut-on croire qu’en pleine époque avestique il ait pu se tromper à ce point, alors que toutes ces questions de langue n’échappaient pas même aux Grecs? ou qu’il ait pu vouloir tromper et penser y réussir quand les Mages eux-mêmes cherchaient à faire croire que YAvesta était écrit en langue divine? Enfin, Quinte-Curce rapporte que les Mages chantaient les hymnes religieux à l’armée du dernier Darius, en leur langue maternelle (patrium carmen) (').
(I) Et devant l’autel du feu. Voy. Quinte-Curce, III. 8.
INTRODUCTION
Tout nous atteste donc que la religion zoroastrienne était celle des Mages, que les livres zoroastriens appartenaient aux Mages ('). Un roi persan, dans un écrit public et solennel, aflirme comme chose certaine et connue de tous que VAvesta est écrit dans la langue des Mages ; en faut-il plus pour justilîer une conclusion que des raisons péremptoires peuvent seules infirmer. On peut donc légitimement supposer que les deux idiomes de VAvesta, appartenaient à des tribus médiques et cela d’autant plus que les Mèdes se qualifiaient d’Airyas, plutôt que les Bactriens et leurs autres voisins. Il y a (ioiic lieu de croire que les Mèdes étaient les a«'’î/a5 de VAvesta et leurs terres les Airyâo Danhavô (contrées aryaques) du livre sacré. Peut-être Mouru, qualifiée seule de sainte {ashavan) dans le I®’’ Fargard, est-elle la terre des Gâthâs et Ragha celle du reste de VAvesta. On ne doit point oublier que c’est seulement au dernier temps de leur puissance que les Mèdes se sont établis au S. -O. de la mer Caspienne. Enfin Hérodote nous apprend que les Mèdes se gouvernaient xark xojaàç, sans roi et que chaque xwp.7) pouvait se donner elle même un juge, qu’en outre, ils étaient divisés par tribus (Voy. I. 109, 96; VII. 62). N’est-ce point là l’état des peuples dont parle VAvesta? la xwp.Y) n’est-il pas le viçei le yévoç, le zantu?
Si l’on se résolvait à admettre cette opinion on écarterait presque toutes les difficultés. Un livre tel que VAvesta ne peut avoir été composé; des prescriptions minutieuses rigoureuses et multipliées no peuvent avoir été imposées, le tout ne peut avoir été propagé que par un corps sacerdotal puissant et instruit. Les Mages seuls se trouvaient dans ces conditions. Eux seuls avec leur Avesta pouvaient jouer en Perse le même rôle que les Brahmanes et les lois de Manou dans l’Inde.
Et quel intérêt eussent-ils pu avoir à s’approprier, à faire dominer un livre^ une religion appartenant à une contrée étrangère et dont la langue n’eut point été la leur? On verra plus loin, combien cette solution éclaircit la question de l’origine du zoroastrisme.
Le premier texte avestique que posséda l’Europe, fut un manuscrit du Yaçna, apporté en 1633, à Canterbury, par un anglais innommé, qui l’avait reçu d’un riche indien du nom de Namaby Moodie (^). Un autre anglais, Georges Bourchier, obtint aux Indes, en 1723, un exemplaire du Vendidâd Sâdé. Quelque temps après, un écossais nommé Frazer put se procurer à Surate le Yaçna et les Yeshts. Mais aucun d’eux ne parvint à déterminer les Parses à leur expliquer ces livres et à leur en apprendre la langue. VAvesta était donc encore un livre fermé lorsque Anquetil Duperron entreprit le voyage qui a rendu son nom célèbre et qui a valu à l’Europe l’acquisition de précieux trésors littéraires et comme la possession d’une nouvelle terre scientifique. Malheureusement, on ne pensa point alors à s’adresser à la Perse; car les Mazdéens de ce pays étaient tout autrement disposés et les recherches que l’on y eût pu faire, auraient hâté d’un siècle la création de la science éranienne. Chardin, commerçant français.
(1) On trouvera plus loin la confirmation de cette assertion. F) Un exemplaire semblable avait été donné à Hyde.
INTRODUCTION
établi à Ispahan en qualité de joaillier du Schah, y eut de fréquents entretiens avec les Parses de Geberhabàd, Ceux-ci lui offrirent de lui vendre leurs livres sacrés ; mais ils en demandaient un prix si élevé et les morceaux qu’ils en traduisaient lui parurent si peu sensés qu’il rejeta leurs offres ('). L’Europe reçut donc le premier Avesta complet des mains d’Anquetil. L’intrépide savant avait apporté avec lui une collection nombreuse de manuscrits, qui comptait non-seulement des textes de V Avesta avec ou sans traduction pehlvie d’étendue diverse, mais aussi des manuscrits pehlvis et persans, parmi lesquels le Boundehesh le Farhang-i-oyûm-hadük, les Rivâiets, etc. Vers le même temps, de Guise réunit aussi de nombreux manuscrits qui passèrent à la bibliothèque des Indes de Londres. Une nouvelle moisson non moins importante fut faite à Bombay par Rask qui dota la capitale du Danemark des fruits de ses recherches. Enfin, le Docteur Haug pendant le séjour qu’il fit à Pouna, gagna l’amitié des Parses, obtint d’eux de nombreux et nouveaux renseignements sur les usages religieux et réunit un riche matériel de manuscrits qu’il conserva jusqu’à sa mort et que le gouvernement bavarois a depuis acheté. On y trouve des manuscrits de V Avesta avec version pehlvie, la version pehlvie avec traduction persane, le Nirangistân, V Aogemadaeea et d’autres ouvrages précieux. Le catalogue n’en a pas encore été dressé. Haug même, à ce qu’il nous écrivait peu avant sa fin prématurée, n’avait point encore pu prendre connaissance du contenu de sa bibliothèque.
Les principaux centres des collections avestiques sont donc Paris, Londres, Copenhague et Munich. Il y aussi des manuscrits de valeur à Oxford, à Cambridge et à Canterbury. A Copenhague sont les plus anciens. Ceux d’Oxford viennent en grande partie d’Ouseley. Les uns proviennent de la Perse, les autres des Indes; lès premiers sont généralement les meilleurs. Les seconds procèdent tous d’un original unique, lequel est originaire de la Perse. Les Parses, semble-t-il, n’ont emporté qu’un seul manuscrit dans leur exil. Tous, du reste, semblent avoir un même prototype, différent, bien entendu, selon qu’il s’agit du Vendidâdr Sâdé ou de Y Avesta proprement dit. Les différences de leçons sont, en général, de minime importance. Elles portent principalement sur l'orthographe et la forme des mots plus encore que sur les mots eux-mêmes; rarement elles atteignent une portion de phrase. Quelquefois, un ou plusieurs mots sont omis.
Voici quelques exemples : atarem, accusatif singulier de âtar (feu), se trouve avec la forme âtre^n dans le manuscrit K. 5, ou âthrem dans le manuscrit K. 4 (Yaçna VI. 3). Les manuscrits K. 6 et 4, donnent fsaom, et K. 5, pour l’accusatif de
fslm ; sh est remplacé par sk, exemple : askyèhè pour askyèhé dans le Ms. K. 5. Au Yaçna VIII. 2, frérili du Ms. K. 4 est fréreti dans le Ms. K. 11 ; fréretè dans le Ms. K. 5, frâreta dans le Ms. K. 6. Au Yaçna IX. 5, khshathrahè (pour le royaume) est écrit aussi khshathrê (dans le royaume).
D’autres ont une importance réelle pour l’interprétation. Ainsi, au Yaçna X. 14, plusieurs manuscrits ont « 7nâ âgitô-vareinacairi,» ce qui peut s’interpréter «ne (sois) pas une défense passant rapide. » D’autres portent « mâ âçitô vâremâ calrè, ne passe pas en pluie rapide ou n’amène pas une pluie rapidement passée. « On trouve encore d’autres formes mais qui doivent être fautives : varemacaira, vdirenicaire, varaèma-
(') Chardin. Voyages, t. IX, édit, in-12.
INTRODUCTION
cairby etc. Au § 144 du chap. IV du Vendidâd, certains manuscrits ont çpayèiti yâtughnim. « (La loi mazdéenne) efface le meurtre (inspiré par la doctrine) des Yâtus ; » d’autres l’omettent et ont à la place çpayèiti avaglinim. « Elle efface le meurtre. » Quelques uns ont l’un et l’autre. De même aii § 118 du même chapitre, un membre de phrase de douze mots est omis ou non selon les manuscrits.
La plupart des variantes proviennent de fautes de copistes, et ces fautes sont dûes en partie à l’état de dégradation où se trouvaient les manuscrits coi)iés. Ainsi, un trait effacé fait n de & ; 5 de sh, etc. En un grand nombre de cas, cependant, on peut supposer une double forme admise comme dans les mots français «je m’en vais, je m’en vas. » On y est d’autant plus autorisé que la langue de VAvesta est dans une période de décomposition. Ainsi, l’on peut admettre comme permise les formes verezimnem, 'oerezimanem, verezemnem (du participe présent moyen de verez faire). Il peut se rencontrer également des nuances dialectales. Souvent aussi les mots sont coupés. Ainsi, le Ms. K. 4, sépare ahhaoshemnê en ahhâo-shemnê (Y. IX. 5) et hhraozhdyêhya en khraozhdyè hya. Les Vendidâd Sâdé abondent de fautes de ce genre. Beaucoup de manuscrits ont des lacunes, des pages perdues, des pages déplacées, etc.
h’Atesta compte aussi de nombreuses interpolations, indépendamment des fragments épars du texte primitif introduits dans un chapitre faute d’autres places. Elles proviennent probablement de notes marginales insérées dans le texte. Nos éditions européennes en contiennent en outre qui consistent en des extraits cités par la version pehlvie et pris à tort pour des parties intégrantes du texte. Tels sont, par exemple, le § 4 du Vendidâd I, de l’édition de Spiegel et le § 6 Vendidâd II, de Westergaard. Les manuscrits collationnés par Spiegel pour la constitution de son texte sont :
Vendidâd.
Vispered.
Yaçna.
Vendidâd Sâdé.
Manuscr. delà collection de Guise; incomplet, complété récemment. Copenhague I; commençant au Farg. V. 79 (écrit en 1323) ('). Fonds d’Anquetil I ; complet et beau.
Copenhague III. S’arrête au Farg. IL 37.
Copenhague IL Copié en ce siècle sur un original persan.
Supplément d’Anquetil IL
Supplément d’Anquetil V; bon manuscrit.
Fonds d’Anquetil III; neuf, peu correct.
Codex Hav., V; écrit en 1323, de la même main que le Ms A. du Vendidâd] le seul texte de Inversion pehlvie que l’on possède. Fonds d’Anquetil II; va jusqu’au Hâ LXIV. 22 ; est accompagné de la traduction sanscrite.
Supplément d’Anquetil VL
(collection de Guise) I. East-Indian House.
(idem) IL (de 1757). C’est le Ms. L. 2, de Westergaard. 351. Bodleian Lib. Oxford (1681) donné par Cobbe en 1723. Lithographié par Burnouf, de 1829 à 1843 (1714). (*)
(*) Une note finale semble dire qu’il a été copié sur un manuscrit datant de 1184, par un herbed indien durant un séjour de six ans qu’il fit il Yezd.
INTRODUCTION
Les manuscrits dont se servit Westergaard sont encore plus nombreux. Il eut à sa disposition ceux de Wilson et de Burnouf, la bibliothèque de Radcliffe à Oxford, du British Museum et quelques uns à lui appartenant. Il les désigne de la façon suivante :
K. Copenhague.
P. Paris; Bibliothèque Nationale.