‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 9 sur 686 · L. Londres; East-Indian House · texte numérisé non relu

L. Londres; East-Indian House

Lb. Londres; British Museum.

Ob. Oxford ; Bodleian Library.

Or. Oxford; Radcliflfe’s Library.

B. Burnouf.

W. Wilson.

M. Manuscrits de Westergaard.

Un chiffre arabe ajouté indique le numéro de la collection. Exemple K. 1, K. 5, etc. Les principaux de ces manuscrits sont :

Vendidâd K. 1 (le M. 1 de Spiegel).

— L. 4 (A. de Spiegel).

— P. 2 (C. de Si)iegel) de 1758. Copie assez exacte de K. 1.

— K. .3 b (D. de Spiegel).

— P. 10 (F. de Spiegel), copié sur K. 1 et L. 4.

— K. 2 est K. 1 révisé par Darab qui a rétabli l’ordre des pages, comblé

quelques parties des lacunes et révisé également la version pehlvie en en retranchant les gloses (|u’il jugeait ou savait provenir de source suspecte et récente. Là où la version fait défaut il a laissé un espace en blanc.

Yaçna K. 5, de 1323 (A. de Spiegel).

— P. 11 (B. de Spiegel).

— K. 6; provenant du même original que P. 11, avec des fautes

propres. Il s’arrête au Hà LVI.

— P. 3 (Supplément Anquetil III.) copie de P. 11 en 1761; mal faite.

— K. 11 (de 1617) et P. 6 (supplément d’Anquetil VI); tous deux sans

version pehlvie et très proche de K. 5(').

Vispered seul. K. 7. a. tin; peut-être de 1258.

Vendidâd Sâdé. P. 1 ou P. Vend. S. (leD. de Spiegel).

— L. 2 (le VI de Spiegel).

— K. 10 (vers 1800).

— • B. V. s; lithographié à Bombay, collationné par Brockhaus.

— K. 9 et R ; copiés sur un type persan commun et indépendant des

autres. K. 9 est le meilleur pour le Yaçna.

Le principal manuscrit du groupe Vistàçp-Yesht-Yaçna-Vispered est un K. 4 de 1723. Un L. 5, contient ce même livre dans lequel toutefois le Vispered et le Yaçna ne figurent que par l’indication des premiers et derniers mots de chaque chapitre. Quatre feuilles de cinquante-six lignes à la page forment le tout.

(') Wilson en cite deux autres de la même catégorie, L. 3 et L. 5, qu’il n’a point examinés.

(2) Il cite de la même catégorie Ob. 1.1780. — Lb. 2. 1661. — L. 6 et L. 13 récent.

INTRODUCTION

Rien de plus varié que le contenu des manuscrits du Khorda-Avesta. Le choix et la disposition des morceaux ne sont presque nulle part les mêmes. On y trouve aussi des prières qui ne sont que des extraits d’autres textes. Certains manuscrits ne contiennent que quelques Yeshts ou quelques prières.

Presque tous ces manuscrits datent du XIII® siècle. Deux seulement sont du XVII®. Or.de 1616 et P. 8 (supplément d’Anquetll) de 1698. Une copie des fragments des Yeshts XXI et XXII et de quelques débris du Yesht XI est datée de 1331 ; le Ms. K. 7 l’est de 1258. La traduction sanscrite de Neriosengh nous donne l’état des manuscrits vers le XIV® siècle. Il serait trop long d’énumérer toutes ces copies; on en trouvera la liste dans l’introduction desZenrf Texts de Westergaard, pp. 14 et 15. Certains manuscrits sont écrits en caractères guzerates.

La plupart des manuscrits portent une suscription indiquant le nom de l’auteur, la ville où il a écrit et l’année en ère d’Yezderjed ou en Samvat indien.

Nous devons ajouter ici quelques mots relativement à la traduction pehlvie. Cette œuvre si importante ne nous est malheureusement connue que par des copies d’un seul manuscrit type qui contenait quelques lacunes et grand nombre d’erreurs. — Pour le Yaçnaon n’a que le manuscrit A. que l’on ne peut suivre sans grande précaution. — Elle comprend le grand Avesta moins le chapitre XII du Vendidâd. Mais la traduction de ce chapitre se trouve dans un manuscrit de Haug. Elle est beaucoup plus récente il est vrai que celle du reste de V Avesta.

La version sanscrite de Neriosengh a été faite sur un autre manuscrit que celui dont l’Europe est en possession; mais les différences que l’on peut y constater ne sont guère utiles pour l’intelligence du texte.

La version pehlvie est ordinairement un mot-à-mot qui vise généralement plutôt à rendre exactement chaque terme qu’à donner un sens à la phrase. Ne comprenant plus le texte qu’imparfaitement, les auteurs de cette version traduisent souvent étymologiquement et se trompent maintes fois dans les étymologies et analyses de mots. Ainsi, la forme adverbiale hiidat (Vend. I. 2) (unde?) est traduite comme si dat venait de la racine dâ, donner ou constituer. Fréquemment les traducteurs se trompent sur le sens des mots et des phrases et même ils ne reconnaissent pas toujours les formes casuelles et verbales. On peut, il est vrai, aisément se tromper en décidant que tel ou tel passage a été mal compris, telle forme mal ajtpréciée; parce que le pehlvi a des tournures à lui propres; qu’il rend, par exemple, les formes verbales personnelles par des adjectifs ou noms verbaux et aussi parce que nos manuscrits sont des plus fautifs. Parfois aussi, les phrases pehlvies ont été mal appréciées, les mots mal lus et l’erreur n’est que dans l’imagination de l’interprète. On en trouvera un exemple à la fin du chap. VI du Vendidâd et au chap. XIX. 33, du même livre.

La version semble n’avoir été ajoutée à nos textes qu’après coup, après la dernière rédaction de ces derniers. Car plusieurs fois elle ne rend pas le texte (Cf. Vend. IL 134; Yaçna X), ou contient des termes qui n’y ont point d’équivalent. Souvent aussi, la version pehlvie semble se référer à un texte différent du nôtre. Dans ce cas, si le sens est plus satisfaisant, il y a lieu de s’y rapporter, car les manuscrits du II® ou du IV® siècle étaient certainement plus corrects que ceux du XIV® ou du XVII®. La version est partout accompagnée de gloses et l’on attribue généralement une origine commune

LU

INTRODUCTION

à ces deux genres de travaux. Il nous semble que c’est une erreur et cette erreur a des conséquences fâcheuses, elle fait interpréter la version par les gloses et par conséquent d’une manière souvent vicieuse ; il en résulte que l’on rejette parfois la première à cause des défauts des secondes auxquelles elle est entièrement étrangère. Ce qui prouve que la version est beaucoup plus ancienne, c’est que :

1“ Les Sassanides dans leurs édits et le rédacteur du Dinhart dans sa finale rappellent tous les mérites des rois relativement aux livres sacrés. Or, il y est parlé de la recherche et de la réunion des textes, des explications et commentaires mais jamais d’une version.

2“ Les Mages ou Destours, à l'époque des Sassanides, étaient beaucoup trop ignorants pour entreprendre et amener afin une œuvre telle que celle d’une version de L’Introduction àe V Ardâ-i-Virâf Nâyneh en est une preuve irrécusable.

3® Le contenu des gloses démontre qu’il existait à l’époque où elles ont été faites et ajoutées au texte, une littérature pehlvie avestique assez considérable. De nombreux auteurs, de nombreux ouvrages y sont cités; presque à chaque paragraphe des controverses sont indiquées. Ces auteurs auraient-ils écrit sur la version pehlvie ou sur VAvesta mais en langue pehlvie si cette version n’eût pas existé ?

4° Là ou le glossateur ne rencontre pas de version il se déclare incapable de traduire (Voy. Y.X). En outre, les gloses disent souvent tout autre chose que la version. Nous en avons cité ailleurs un exemple ; il s’en trouve de pareils par centaines (^). Les gloses les plus fantaisistes sont accolées à une traduction littérale exacte.

5® Les Sassanides voulurent non-seulement rétablir et faire refleurir la religion avestique, mais aussi l’étendre et la faire embrasser par leurs sujets non-mazdéens. Est-il à supposer qu’ils eussent pour cette double fin choisi comme idiome sacré et national une langue difficile et niéroglyphique qui eût suffi à elle seule pour arrêter les progrès de la restauration religieuse. Et pourquoi Ardeshir eut-il fait de cette écriture bizarre celle de la langue nationale si ce n’est parce qu’elle était déjà en usage dans les livres de la religion qu’il voulait faire triompher ?

6® Les gloses citent déjà le Zand (la version pehlvie) comme un texte sacré; cela aurait été impossible si le Zand eût paru en même temps ou s’il eût été composé sous les Sassanides.

Il en est tout autrement si l’on suppose que les Mages de Raï avaient déjà traduit VAvesta en pehlvi sous les Arsacides. Tout alors s’explique sans peine. Le système pehlvi était celui des Mages qui montèrent sur le trône avec Ardeshir Papakân. Rien de plus naturel chez eux que de prendre ce système pour la langue religieuse et nationale ; la plus grande exactitude du texte, les divergences et méprises des gloses, leur développement, tout devient naturel.

Entre les gloses elles-mêmes, on doit distinguer des différences de date. On doit les diviser en deux ou trois couches ; il en est en effet qui s’appuient sur les précédentes ou qui les expliquent ; ce qui prouve qu’elles sont antérieures à celles-ci. C’est ainsi qu’au Vendidâd XIII. IIO, une première glose explique târa par brigand et une seconde ajoute. « Il appert de cette explication que touranien égale brigand. »

(') Voy. Études avestiques, p. 70.

INTRODUCTION

un

En outre, en maint endroit, une première glose simple, exacte, est suivie d’une seconde prolixe et des plus erronées, passant de l’interprétation sérieuse aux notes les plus fantaisistes. Le Vendidàd I. 52, cite comme onzième création hostile d’Anro- Mainyus « la méchanceté Yâtuique. » Le pehlvi porte pour traduction « la Yatuerie très méchante » et comme première glose : « c’est complètement mauvais.» Puis : « ce qui est d’Afràziàb il peuvent le faire, mais en délivrer ils ne le peuvent pas » (').

Ces gloses citent souvent les auteurs sur lesquels elles s’appuient, mais ordinairement elles se contentent d’ajouter après une première explication : « il y en a qui disent que, etc. » ou bien : « d’autres disent que, etc. » Elles ont parfois une étendue considérable ; celle du Vendidàd V. 14 a quarante-deux lignes de l’édition de Spiegel. On y trouve aussi des citations de passages perdus.

Les principaux auteurs cités sont : Aparg, Maidhyômàh, Nishapur, Parik, Ooshap, Peshorun(?), Çôshyùs, Dàt Ferhàn, Rôschan,etc. dont on ne sait que peu de chose ou rien.

Plusieurs gloses sont des chapitres de traités de liturgie ou de discipline. Voyez entre autres Fargard VII. 136 et VIII. 64.

Voici un exemple de la manière d’enchâsser les textes ou citations avestiques complètes, indiquées seulement par les premiers mots. Au Vendidàd IL 16, où il est dit que Yima demande qu’en son royaume il n’y ait ni maladie ni mort, la glose, après avoir parlé des actes de ce prince, ajoute : Qu’il fût soumis à la loi, c’est ce qui ressort de ce passage « dis ce manthra que (dit le Leva) » (-). — Qu’il fût pur, cela appert de ces mots. » Nous honorons le Fravashi du pur Yima. » — Yima et Kàus étaient tous deux immortels, à cause de leurs péchés ils devinrent mortels. Relativement à Yima cela ressort de ce texte « il le rendit aussitôt mortel par sa langue (^) » et relativement à Kàus, de celui-ci « ainsi (ou là) il le repoussa, ainsi il devint mortel. »

Un fait remarquable, c’est que les manuscrits indiens contiennent plus de gloses que ceux qui avaient le plus d’autorité en Perse au XVII® siècle. Un Destour du nom de Jamâçp, venu du Kirman au Guzerate, vers le commencement du XVIII® siècle, constata cette prolixité des livres indiens, la sottise d’un grand nombre de gloses et chercha à rétablir le vrai texte chez ses coreligionnaires éloignés de la patrie. Il forma à cet effet un disciple à Surate. Ce fut le Destour Daràb, connu d’Anquetil. Darâb entreprit de réformer le Ms. K. I du Vendidàd, mais il y éprouva de grandes difficultés et n’acheva pas son œuvre. On peut voir deux spécimens de son travail dans le savant ouvrage de Spiegel, Die Tmditionelle Lilteralur des Parsen, p. 279 et suivantes. On y trouve imprimé les chap. V et XIX de la version de Daràb, laquelle est contenue, parait-il, dans le manuscrit P. 10 (Wilson) ou T. (Spiegel).

(‘) Ardano. Corap. lenéo-pers. ardidan.\]ae troisième glose ajoute « Quelques-uns disent que la Yâtuerie consiste en ce que quand on ne dit point alors cela réussit mais lorsque cela (le secret î) à été dit alors cela ne réussit point (Litt. : alors il n’y a pas réussite dans le chemin).»

(2) Le reste du passage disait probablement que Yima, ainsi tenté, résista. Comparez la tentation de Zoroastre au commencement du Vendidàd XIX.

(*) Ou sa langue fit cela mortel. Une parole menteuse le perdit.

INTRODUCTION

L’incertitude qui règne sur tout ce qui concerne les origines de VAvesta n’est pas moindre relativement à l’époque où il fut mis par écrit. Spiegel, après une longue et savante argumentation conclut : que V Av esta n’a été écrit que longtemps après Alexandre et que l’alphabet actuel n’a été employé que sous les Sassanides ('). Ces conclusions ont été contestées et l'on pourrait certainement dire qu’elles vont un peu au-delà des prémisses. La Perse possédait, sans aucun doute, un alphabet autre que le cunéiforme. Les rois de Perse écrivaient leurs annales. Cela nous est attesté par le livre d’Esther, qui parle au chap. VI. 1 et 2 des historias et annales regum Persarum et rapporte que le roi se fit lire librum in quo scriptum erat, etc. Au chap. X. 2, il est dit que les actes et vertus d’Assuerus scripta sunt in libris Medorum et Persarum. Le chap. VIII. 7, 10, nous montre les scribes et tabellions royaux rassemblés et chargés d’écrire à tous les chefs de l’administration pour arrêter l’effet des lettres précédentes contenant l’arrêt de mort des Juifs. Ces lettres étaient munies du sceau royal. Les édits royaux étaient également écrits et affichés. Voy.Chap. IV. 8.

Tous ces détails nous sont confirmés par Hérodote. Au livre VIL 100 de ses histoires, nous voyons les ypaixaaxiffTat de Xerxès se tenant prés de lui pendant une revue et écrivant (àTCypaŸov) ses faits et paroles. De même au livre VIII. 90 « o! Ypa[<.(/.aTi(7Ta'i àvéypacpov TraxpoOev tov xpivjpapxov xal tïjv tioXiv. » (Comp. VIII. 85.)

Ces actes étaient écrits sur des peaux (Si^Oépat). C’était là l’usage des barbares dit Hérodote (V. 80) Iç Sicpôépaç (alyéaç xe xa't oiéaç) ypacpouffi. Ces peaux, paaiXixat St^Sepat, formaient les archives royales dans lesquelles puisa Ctésias, ’Ai pauiXi'xai Si^Oépai h «'i'ç o? Ttépaai xàç iraXaiài; Ttpa^eiç xaxà xiva vopiôv ei/ov auvx£xây[Ji£vaç. Voy. Diodore de Sicile. IL 32. — Agathias. IL 27.

Ce qui prouve également que les Perses avaient un alphabet à eux dès le commencement de leur monarchie, c’est qu’ayant reçu les caractères cunéiformes des vaincus de l’Ouest, ils ont su les tranformer complètement, les approprier à leur langue et les rendre presque alphabétiques.

Ce que Pline rapporte des travaux d’Hermippe (vicies centum millia versuum a Zoroastre condita indicibus quoque voluminum ejus positis explanavit ; H. N. XXXII) est certainement empreinte de tous les caractères de l’exagération orientale; on peut toutefois en induire que les Mages possédaient des écrits religieux au H« ou IIP siècle avant J.-C. Notons cependant que le sens de la phrase de Pline n’est pas clair. Certes, on ne peut prétendre que Hermippe aurait expliqué deux millions de vers ou même deux cent mille. Pline ne dit pas si Hermippe a connu ces vers de visu ou simplement par relation des Mages. En outre cet Hermippe dont parle Pline est d’une personnalité incertaine. Est-ce Hermippus Callimachæus ou H. Astrologus ? L’un et l’autre du reste écrivaient encore au IP siècle, le second peut-être vers l’an 170 de J.-C.

D’autre part, Spiegel a démontré que VAvesta avait été d’abord écrit en caractères pehlvis à valeur multiple (les ligatures non comprises). On ne peut méconnaître

{') Voy. Zeitschrift B. D. M. O. t. VIII, p. 179 et suivantes.

INTRODUCTION

que bien des fautes s’expliquent tout naturellement par l’ambiguité des signes, lesquelles sans cela seraient des plus extraordinaires. Ainsi âo et ahu, hhû et an s’écrivent avec les mêmes lettres pehlvies.

On pourrait même ajouter que plusieurs lettres avestiques sont des groupes pehlvis qui n’ont aucun rapport avec les caractères avestiques. Les lettres ont donc été puisées dans l'alphabet pelilvi. Le h avestique, [lar exemple, est ap, nf en pelilvi ; y est shn, sliô ; ê final est yèn, etc. Or, on ne peut assigner à l’alphabet pelilvi une grande antiquité.

Ce qui semblerait aussi i>rouver que n’a été écrit que tardivement, c’est qu’à

l’époque de la rédaction qui a servi de base à la version pehlvie, les rédacteurs ne soupçonnaient plus qu’une bonne partie de VAvesla, en dehors des Gàthàs, était rythmée. Tout a été écrit sans distinction de phrase métrique ; les interpolations ont été ajoutées de manière à troubler le mètre avec une parfaite inconscience de son existence. Si les Mazdéens avaient eu des manuscrits alors que le rythme étaitencore reconnu il n’est pas vraisemblable que gardiens fidèles des traditions ils eussent copié VAvesta sans tenir compte de la division reçue des membres prosodiques.

Rien ne prouve, d’ailleurs, que les écrits analysés par Hermippe eussent rapport à VAvesta. Les passages que Pline en cite traitent de sujets étrangers à notre texte.

En assignant donc le III® ou le IV® siècle de l’ère ancienne comme date à la première rédaction de VAvesta on risque le moins de se tromper. La langue y est certainement déjà en décadence même dans les passages les mieux conservés.

L’alphabet employé dans nos manuscrits est bien probablement de date plus récent que le pelilvi. En effet, il n’est pas admissible que les Mages, s’ils eussent connu le premier, si simple, si complètement alphabétique, fussent retournés en arrière et eussent adopté des signes équivoques, peu nombreux et donnant lieu à tant de difficultés et d’erreurs. Seul entre tous les modes d’écriture usités en Orient, l’alphabet avestique est strictement alphabétique il a dà être inventé très tardivement puisqu’il n’a été imité nulle part; il a du venir l’un des derniers.

L’invention d’un semblable mode d’écriture témoigne chez les anciens, de la préoccupation de préserver de l’altération un texte exposé aux dangers de se corrompre. Du reste la tradition toute entière atteste que les premiers manuscrits ont été très peu nombreux. Selon le Dinhart, deux exemplaires seulement ont été rédigés sous Darài (Darius III?) et déposés aux archives. D’autres livres mazdéens affirment qu’il n’en existait qu’un seul à Persépolis au moment de la conquête d’Alexandre, ce qui doit s’entendre d’un seul texte officiel. Ce souvenir persistant, bien qu’accompagné de circonstances improbables, assure la vérité du fond et du point principal.

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