‹ Bréviaire du gastronomeChapitre 10 sur 56 · DE SANTE · texte numérisé non relu

DE SANTE

stance nourricière pour réparer promptement les pertes qu’on a éprouvées; ce n’est qu’à l’aide de cette fluidité qu’ils pourront se mêler à toutes nos humeurs.

Telle est la formation constante d’un chyle restaurateur. Cherchons à présent les moyens de le produire , en conservant à nos alimens les qualités les plus salutaires à la santé et au rétablissement de nos forces altérées , afin que le gastronome robuste conserve long-temps sa gaîté , sa vigueur, et que les personnes valétudinaires puissent se rétablir et jouir d’une existence agréable.

Tous les corps tirent leurs qualités des substances qui les environnent et les pénètrent le plus constamment.

Le feu sèche, détruit ou calcine toutes les substances offertes trop long-temps à son action dévorante, tandis que l’eau rafraîchit et humecte ces mêmes corps que le feu aurait consumés.

La première cause qui vient altérer les qualités salutaires de nos alimens, c’est le feu qui, les touchant immédiatement , détruit leurs sucs mucilagineux et fort b

CUISINE

flans , et qui leur communique cette âcre té incendiaire , qui dessèche à la longue tous nos fibres, en ne leur portant plus autant de substances nourricières que nous en perdons chaque jour.

Pour conserver à nos aîimens leurs principes les plus salutaires, il faudrait ne leur donner qu’une coction douce, capable de les attendrir sans en altérer la saveur, de leur communiquer un goût agréable , de les rendre d’une digestion facile , et de réformer ou corriger enfin toutes ces préparations âcres, desséchantes et meurtrières, qui calcinent les sucs destinés à la nutrition , multiplient les maladies et abrègent l’existence.

Un seul moyen d’y réussir, serait de modérer l’action trop vive du feu. Il faudrait un nouvel agent qui, en cuisant les alimens, leur conservât leurs sucs humectans, prévînt leur dessiccation, et cette acrimonie incendiaire que la cuisine moderne ne leur donne que trop souvent.

Voyez les grands seigneurs qui ont de nombreux cuisiniers : de combien de maladies ne sont-ils pas journellement atteints I

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