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MESURE DE LA PROFONDEUR D'UN PUITS

7S. Nous terminerons ce chapitre par une nouvelle application de nos principes d'approximation à un problème relatif à la fois à la pesanteur et à l'acoustique, et dont voici l'énoncé.

On a laissé tomber une pierre au fond d'un puits; au bout de n secondes on entend le bruit de la chute : on demande la profondeur du puits.

La vitesse de propagation du son dans l'air est

/p = 333'"Vn- ^^ a étant le coefficient de dilatation de l'air que nous avons déjà exprimé par - — : ainsi, cette vitesse sera 333 mètres à o degré, et à 3oo

peu près 339 mètres à 1 o degrés. La pression atmosphérique ne figure point dans cette formule, parce que, d'après la loi de Mariette , elle fait varier la densité de l'air dans la même proportion que son élasticité.

La formule

212 CHAPITEE OlNQUItMK,

donne

/ae

pour le temps <lr !;• chute. D'ailleurs le son parcourant i mètie

nntle — ■> parcourr P

en une fraction de seconde -, parcourra e en -; donc

ce qui donne

et l'on obtient l'ecjuation

(•'' — 1 tip \ri-\ ) -\- "'/>' ^^^ ^•

Comme n''p'^o, on voit que les deux racines sont de même signe et, par conséquent, positives; cependant, de ces deux racines qui se présentent sous la forme

il est clair qu'une seule convient à la question , et je dis que c'est celle dans laquelle le radical est pris négativement. En effet , si l'on prenait le signe positif, on trouverait e'^pn : or, si l'on avait seulement e=pn, il en résulterait, d'après l'équation

t / — de la chu

que le temps t / — de la chute du corps devrait être nul ; donc,

à plus forte raison, l'on ne peut avoir e'^ pn, et la valeur cherchée est

D'après la formule que nous avons posée pour la vitesse de propagation du son , il est facile de voir que, dans les circonstances

AHPtir.AlltlSS PlIVSlMUhS. 21 3

ordinaires de lenii)Oialun' , un peut [ireiidrc , sans cneui sensible ,

/?= 340 mètres.

Knsiiite on sait (jue g = 9'" ,8088 à Paris ; on pont <lonc prendre , à une nnite près ,

et la formule devient

Maintenant nous allons la simplifier par les méthodes connues d'approximation.

Nous avons trouvé (27) le développement, par le binôme de

Newton, de la quantité (i -+- e)' , où e est supposé suffisamment petit : calculons les trois premières puissances de e, et même la quatrième, afin d'avoir une évaluation de l'erreur; nous trouverons

le I / I

jriTr-

ce qui donne

* 2 8 ib 128

Nous pouvons transformer le radical de la manière suivante :

V^( 34 )' -+- 34 . 2« = 34 4/ 1 -h II = 34 y'"

en posant

Remplaçant donc c pur cette valeur, nous avons

ai4 CHAPITRE CINQUIÈME. — APPLICATIONS PHYSIQUES.

Effaçant donc les termes qui se détruisent , on trouve

,2.34 2.(34r ■ 8.(34)^ Si nous négligeons le dernier terme, i! reste

et nous nous arrêterons à cette formule approximative, très- facile

à calculer, car il suffit, pour avoir la correction 7ry-i de multi-

n plier 5 «^ par 5-7-

Ainsi rt = 3 donne

<' = 4' mètres; « =: 5 donne

e =: icj mètres.

Ces résultats s'approchent , à i mètre près, de ceux qui seraient donnés par la formule rigoureuse

C'est une approximation plus grande qu'on ne pourrait l'attendre du dernier terme négligé

cela tient à ce que l'erreur commise en supprimant ce terme est opposée à celle que l'on fait quand on pose

On comprend du reste que la formule rigoureuse elle-même ne peut donner qu'une appréciation grossière, à cause de la difficulté d'évaluer/;), mais surtout parce qu'il est impossible de mesurer le temps d'une manière suffisamment exacte pour connaître avec précision la profondeur cherchée.

(iiAirmi siMiMC. — iNTi ni'iii \ I IONS.

CII/VIMTHI' Vl.

I>TKRl>0LAT10>iS.

70. Si Ton donne' n -+- i valeurs .»•„ , x, , .r. , . . . , >„ d'une variable .r, et les valeurs correspondantes )o, j) i , 72,. . ., yn d'une fonction y de cette variable, on appelle interpolation toute méthode capable de faire connaître les valeurs de y cpii correspondent à d'autres valeurs de.r, comprises entre .r^, et .i\. On conçoit, en effet, que ces /? + i données seraient insuffisantes pour déterminer y au delà oh en deçà de cet intervalle, surtout si l'on ignorait la forme analytique de la fonction , comme cela arrive dans beaucoup de questions pratiques : ainsi nous ne connaissons point la nature de la relation qui existe entre la température et la force élastique de la vapeur.

Cependant quand on ne sait point déterminer analytiquement v au moyen de jt , on peut généralement représenter cette fonction par une équation empirique. On a recours d'ordinaire à la méthode des coefficients indéterminés , c'est-à-dire que l'on pose

y :=! n -\- b X -\- ex- -I- . . . .

Les coefficients a, b, c,. . . peuvent être en nombre « -f- i , et se trouveront au moyen des n -+- i valeurs connues de > ; mais cette méthode ne sera véritablement avantageuse que si l'on peut se contenter d'un petit nombre de termes. C'est ce que l'on reconnaît «juand les coefficients décroissent rapidement , et quand on arrive promptement à un coefficient assez petit pour que l'on puisse négliger les termes suivants.

77. Nous choisirons , comme cxeniple très-simple, le calcul de la longueur de l'année.

La longueur /n de l'.mnee uif)venrie se presenleia en l'an 236o,

2l6 CHAPITRE SIXIÈME.

c'est-à-dire 23,6 siècles après J.-C. , mais nous prendrons cette époque pour point de départ.

L'année maximum , de longueur m 4- 38", a eu lieu en 3o4o avant J.-C. , ce qui fait 54 siècles avant l'origine.

L'année minimum, de longueur m — 38", aura lieu en l'an 7600, ou bien Sa ,4 siècles après l'origine.

Donc , depuis les temps historiques, l'année est m -\- y, c'est-àdire qu'elle a un excès y sur l'année moyenne, mais cet excès va toujours en diminuant.

Pour l'époque d'Hipparque, qui vivait en i4o avant J.-C, ou bien aS siècles avant l'origine , on trouve à peu près

Pour l'an 1800, ce qui fait 5,6 siècles avant l'origine, on a trouvé

D'après cela , on demande le développement de y suivant les puissances de x , nombre de siècles.

Nous verrons bientôt que l'on peut se contenter de deux coefficients, ce qui permet de poser

r = Aor H- B x-, car il est clair que

r = o donne j = o ,

puisque la variation y est nulle à l'origine ; mais , pour déterminer A et B , nous prendrons les deux limites extrêmes , afin d'embrasser toute l'étendue de la série.

Substituant donc , dans l'équation

j>- = A .r -h B X-, les valeurs

a7o = — 54. 7o=38 et ar„:=52,4, j„= — 38, nous aurons deux équations de condition qui nous donneront

La petitesse de ce dernier coefficient nous dispense d'en calculei

INTERPOI-ATIONS. 2 1 7

d'autres , et nous avons

r = — 0 , 7 1 4tj I .X — o , 000202 . r- .

D'ailleurs nous j)Ouvons vérifier les deux observations intermédiaires dont nous n'avons point fait usage : ainsi

x-=z — 5,6 donne j^' = 3,99 au lieu de 4» et

x=^ — 25 donne j=r 17,639 au lieu de 18.

Cherchons ce qui aura lieu en 1900 : pour cette année, .= -4,6

puisqu'il se sera écoulé un siècle depuis 1800, nous trouvons

alors

j = 3",283, ou simplement

78. Cherchons maintenant, par un développement d'une nature un peu différente, la variation du rayon de la terre suivant les diverses latitudes.

Soit R le rayon équatorial qui est maximum, comme on le sait, et soit r le rayon de la terre à une latitude quelconque >. , je dis que l'on peut, pour une première approximation, poser

r = R ( I — — !— sin'X \ 3oo

formule empirique déterminée d'après l'aplatissement connu de la

terre , qui est égal à -5 — au pôle , pour lequel X = 90" : on prend

le carré du sinus , parce que cet aplatissement est le même pour ±90°, puisque la terre est une surface de révolution.

Mais cette formule serait insuffisante , et il faut ajouter au coefficient de R (ou en retrancher, s'il y a lieu) une quantité dépendant d'une observation faite , pour plus de sûreté , à égale dislance entre o et 90 degrés, c'est-à-dire à 45 degrés. Je dis que nous pourrons tenir com[)to de l'observation faite rn ce point, si nous

2l8 CHAPITRE SIXIKMK.

introduisons dans la formule (|ui c^t jus(prà prcsoiU /•=r R ( I — e sin-), )

( ici c = - — 1 1 un terme de la forme t' sin^a \ , car sin 2 a sera \ 3oo /

évidemment nul pour a ■= o et pour À = go", circonstances dans

lesquelles ce nouveau terme ne doit pas influer. Nous aurons

donc

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