POINTS MULTIPLES, POINTS CONJUGUÉS
101. On appelle point multiple un point où se réunissent deux ou plusieurs branches de la courbe : on peut en distinguer de deux espèces, par intersection et par contact. Quand deux branches se coupent, c'est-à-dire quand elles ont au point de rencontre des tangentes différentes , il est facile , comme nous l'avons vu , de déterminer ces tangentes, et, par suite, d'avoir la marche des deux branches; mais quand ces branches se touchent, c'est-àdire qu'elles ont la même tangente au point commun, il faut, pour suivre les directions des deux branches, donner à & et kj différentes valeurs aux environs du point multiple. On peut ainsi vérifier, par exemple, si les deux branches sont du même côté de la tangente au point multiple , ou de côtés opposés.
On trouve quelquefois des points isolés qui font partie d'une courbe, c'est-à-dire dont les coordonnées satisfont à son équation. Ces points s'appellent des points conjugués; voici comment on peut concevoir leur existence.
Imaginons une courbe dont l'équation contienne un certain nombre de coefficients, et supposons que cette courbe se corn-
THÉORIE DES COURBES PLANES. v â85
pose de deux parties dont l'une soit fermée; ensuite admettons que, pour une valeur particulière donnée à un ou à plusieurs des coefficients de l'équation, cette portion fermée se réduise à un point, comme le cercle dont l'équation
qui ne représente plus qu'un point quand r = o; on obtiendra alors un point conjugué.
Gomme toute ligne passant par ce point pourra être considérée comme une tangente, on aura
et un point conjugué présente le caractère d'un point multiple ;
mais ici il rat clair que l'indétermination pour la direction de la
tangente sera complète et réelle.
C'est ce que l'on peut observer pour la courbe dont l'équation
générale, est
ay 7 = x 3 — bx-.
Faisons comme cas particulier
il reste
ay* = x* — - ax 7 ,
ce qui donne
'"(ï- 1 ) et J r = ± *v/=" 1
Admettons que a soit positif, il est clair que y ne sera réel que
si l'on pose
i > o ou x^> a.
Cependant x = o donne
donc l'origine est un point conjugué.
Dans ce cas, on a un point d'inflexion pour x = — •