‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 104 sur 334 · CLX VIII · texte numérisé non relu

CLX VIII

L'homme qui sait qu'il n'aura de quartier, En tel bataille fait moult belle défense ; Aussi Français sont fiers comme lions.

Voici Marsile, bien a l’air de baron; Monte un cheval qu'il appèle Gaignon :

. 4. Un chevalier doil avoir cette valeur.

Plus est rapide que n'est pas un faucon.

Le pique bien, et va férir Beuvon :

Il était sire de Beaune et de Dijon.

L'écu lui brise, le haubert lui déront,

Et mort l’abat sans lui faire autre mal.

Puis a oecis fvoirë et Ivon,

Et avec eus Girard de Roussillon.

Roland le comte point n'était guère loin ; Dit au païen: « Dieu tous les maus te donne ! À si grand tort m'occis mes compagnons, Coups en auras avant que nous partions; De mon épée, ce jour, sauras le nom. »

Va le férir d’un vrai coup de baron, Tranché lui a Roland le dextre poing.

Puis prent la tête de Jourfaleu le blond:

H était fils au roi Marsilion.

Païens s’écrient : « Aide-nous, Mahomet!

Les nôtres dieus, vengez-nous de Charlon!

En cette terre nous a mis tels félons,

Pour nulle crainte le champ ne laisseront. »

Dit l’un à l'autre : « Et donc, nous enfuyons ! » À ces paroles lors cent mille s’en vont :

Qu'on les rappèle, point ne retourneront.

Le roi Marsile le poing droit a perdu.

Contre la terre il jète son écu,

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