‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 107 sur 334 · Il appèle Roland · texte numérisé non relu

Il appèle Roland

Son compagnon, comme il l’a rencontré,

Jl l’a frappé sur le heaume gemmé ;

Tout le lui tranche du haut jusqu’au nasal, Mais en la tête ne l'a mië touché.

À ce coup-là Roland l'a regardé,

Et lui demande d’une vois douce et tendre:

« Mon compagnon, l’avez-vous fait de gré ?

Je suis Roland, qui tant vous sait aimer.

Point, que je sache, ne m'avez défié. »

Dit Olivier: « Je vous entens parler,

Mais ne vous vois : que le Seigneur vous voiey Frappé vous ai, le veuillez pardonner. »

Roland répont : « Je n’ai point eu de mal.

Le vous pardonne ici et devant Dieu. »

À ces paroles s’inclinent l’un vers l’autre; Par tel amour ! les voici séparés.

CLXX VII

Olivier sent que la mort moult l'angoisse :

Tous deus les yeus en la tête lui tournent, L'ouïe il pert, aussi la vuë toute.

Descent à pied, sur la terre se couche, D'heures en autres il a clamé sa coulpe ?, Et vers le ciel ses deus mains il a joint;

Il prié Dieu que paradis lui donne,

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