‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 109 sur 334 · MORT DE GAUTIER ET DE L'ARCHEVÈQUE TURPIN · texte numérisé non relu

MORT DE GAUTIER ET DE L'ARCHEVÈQUE TURPIN

Roland à peine ses sens a-t-il repris,

De pâmoison à peine est revenu,

Le grand dommage clair lui est apparu :

Morts sont Français, tous les y a perdus, Sauf l'archevêque et sauf Gautier de lAum.

De la montagne en bas est revenu! ;

Païens d'Espagne moult y a combattu,

Morts sont ses hommes, les ont païens vaincu, Le veuille ou non, vers les vallons s'enfuit, Et de Roland réclame aide et secours :

« Eh! noble comte, vaillant homme, où es-tu ? Onques je n’eus frayeur là où tu fus.

C'est moi, Gautier, qui vainquis Maëlgut, Neveu de Dreu, le vieus et le chenu;

Par mon courage j'étais ton favori.

Aus Sarrasins me suis tant combattu,

Plus n'ai de lance, percé est mon écu,

Et mon haubert démaillé et rompu ;

Parmi le corps d’épiés suis traversé,

Bientôt mourrai, mais cher me suis vendu! »

À ces paroles l'a Roland entendu ;

Le cheval pique, vient en hâte vers lui.

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