MORT DE ROLAND
Ce sent Roland que la mort lui est proche ; Par les oreilles hors lui sort la cervelle.
Pour ses pairs prie à Dieu! qu'il les appèle, Et puis pour lui à l'ange Gabriel.
Prit l’olifant, pour que n’en ait reproche, De l’autre main Durendal son épée ;
Plus loin que porte un carreau d'arbalète, Devers l'Espagne s’en va dans un guéret.
Au haut d'un tertre, dessous deus arbres beaus, Quatre rochers y a de marbre faits ;
Sur l'herbe verte est tombé à l'envers,
Il s'est pâmé, car la mort lui est proche.
Hauts sont les puys, et moult hauts sont les arbres. Quatre rochers y a luisants de marbre ;
Sur l'herbe verte comte Roland se pâme.
Un Sarrasin cependant le regarde ;
Il se feint mort, et git parmi les autres :
De sang souilla son corps et son visage.