‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 126 sur 334 · Descendent de cheval · texte numérisé non relu

Descendent de cheval

CCXIIT

L'empereur Charles s'est couché dans un pré.

Son grand épié il a mis à sa tête ;

Cette nuit-là ne se veut désarmer.

Il a vêtu! son blanc haubert safré?,

Lacé son heaume, qui est à or gemmé, Ceinte Joyeuse, qui jamais n'eut d'égale :

Chaque jour, change trente fois de reflet.

Assez ouîmes de la lance parler

Dont le Seigneur ful sur la crois percé:

Charles en a la pointe, grâce à Dieu !

Dans le pommeau il l'a fait enchâsser.

Pour cet honneur et cette qualité,

Le nom Joyeuse à l'épée est donné.

Barons français ne doivent l'oublier, Tiré en ont leur beau cri de Monjoie :

Aussi nul peuple ne leur peut résister.

Claire est la nuit et la lune luisant$.

Charle est couché, mais deuil a de Roland, Et d'Olivier lui pèse fortement,

Des douze pairs, de la française gent, Qu'en Roncevaux a laissés morts sanglants.

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