‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 13 sur 334 · XVI - EXPLICATION DES ARCHAÏSMES · texte numérisé non relu

XVI - EXPLICATION DES ARCHAÏSMES

aujourd'hui encore à la fin du vers, on admet une syllabe féminine qui ne compte pas, même lorsqu'elle n’est pas élidée.

Exemple :

Le roi Marsile la tient, qui Dieu point n'aime. (/toland, laisse 1.)

Ce vers n'a dis syllabes qu'à la condition de traiter la syllabe féminine de Marsile, à la césure, comme la syllahe féminine de aime à la fin du vers.

— Il ya des mots qui ne comptent pas aujourd'hui pour le même nombre de syllabes qu'en vieus francais. Ainsi chrélien, diable, avaient trois syllabes; destrier, élrier, lévrier, n'en avaient que deus. Nous avons dù le plus souvent maintenir le compte ancien.

En outre l'e après une voyelle (par exemple dans épée) n'était pas encore muet et comptait pour une syllabe:

Devant Roland s'enfuiënt les païens.

(Roland, laisse 167.)

Enfin le final pouvait ne pas s’élider devant la voyelle initiale du mot suivant (c'est ou ce est), et l'hiatus était autorisé sans aucune réserve.

Le 15 août 778, l’arrière-garde de Charlemagne était détruite par les Basques des Pyrénées, et un « préfet de la Marche de Bretagne », nommé Roland, périssait

- dans la bataille. C'est cet événement qui a été amplifié - par la légende sur laquelle repose la chanson de Roland. La troupe de Basques a élé transformée en une armée formidable de Sarrasins ; la défaite a été attribuée à la trahison ; Roland est devenu le neveu de Charlemagne, etc., etc.

La chanson de Roland, dont nous donnons ci-après la traduction intégrale, nous est parvenue sous une forme qui date de la seconde moitié du xi° siècle.

1. D'après notre édition classique (Paris, Garnier), sauf pour les parties qui ne se trouvent ras dans le manuscrit d'Oxford et que nous empruntons à l'édition Léon Gautier.

à CHANSONS DE GESTE

Page 1