‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 158 sur 334 · De lemps à autre · texte numérisé non relu

De lemps à autre

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Grands sont les osts, les compagniës fières.

Bien engagées sont toutes les échelles,

Et les païens merveilleusement frappent.

Dieu ! tant de lances y a en deus brisées, Écus rompus et brognes démaillées!

Là eussiez vu la terre si jonchée !

L’herbe du champ, qui était verte et fine, Du sang des corps est toute envermeillée. Et l'amiral à ses gens a crié :

« Frappez, barons, sur la gent chrétienne ! » La bataille est moult dure et acharnée, Avant ni puis n'en fut si forte et fière ; Jusqu'à la mort ils voudront la mener.

S'est l'amiral à ses gens adressé :

« Frappez, païens, pour ce‘ venus vous êtes.

Vous donnerai femmes gentes et belles, Vous donnerai fiefs et honneurs et terres. »

. Païens répondent : « Nous le devons bien faire. » À coups pléniers ont leurs épiés perdu ?, Lors ont tiré plus de cent mille épées.

Voici la lutte douloureuse et terrible!

Qui s’y trouva, belle bataille vit.

A. Pour cela.

2. À force de frapper de g'ands coups, ils ont brisé leurs lances.

L'empereur Charles exhorte ses Français :

« Seigneurs barons, je vous aime et vous crois !. Tant de batailles avez livré pour moi, Conquis royaumes, et chassé tant de rois!

Bien je connais que salaire vous dois,

De mes faveurs, de terres et d’avoir.

Vengez vos fils, vos frères et vos hoirs, Qu'en Roncevaux furent occis hier soir !

Bien vous savez contre païens j'ai droit. »

Répondent Francs : « Sire, vous dites vrai. » Tels vingt milliers a Charles avec soi,

Tous en commun lui promettent leur foi:

N'y failliront pour mort ni pour détresse ?.

N'y a celui n'y manœuvre l’épié,

De leurs épées y frappent sans retard.

Est à merveille ardente la bataille.

CCLXX VII

Païen Malprime parmi le champ chevauche,

De ceus de France y fait moult grand dommage. Naimes le duc fièrement le regarde;

Va le férir en vigoureus barôn,

De son écu brise la haute pièce,

De son haubert les deus pans lui arrache,

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