‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 161 sur 334 · CCLXXXIII · texte numérisé non relu

CCLXXXIII

Moult bien y frappent Arabes et Français, Brisent les lances et les épiés fourbis.

Qui lors eût vu écus en pièces mis,

Les blancs hauberts qui eût ouï frémir, Et les écus sur les heaumes grincer,

Les chevaliers qui lers eût vu tomber, Hommes crier, contre terre mourir,

De grand douleur pourrait se souvenir.

Cette bataille est dure à soutenir!

Et l'amiral invoqua Apollon,

Et Tervagan, et Mahomet aussi:

« Mes dames-dieus!, je vous ai moult servis, Et vos statues toutes ferai d’or fin:

Contre Charlon daignez me secourir ! »

Voici venir son ami Gémalfin,

Tristes nouvelles lui apporte, et lui dit:

« Baligant, sire, vous êtes mal bailli?, Perdu avez Malprime votre fils,

Et Canabeu votre frère est occis.

À deus Français bellement en advint*:

L'empereur Charles est l’un, ce m'a semblé, Grand a le corps, bien ressemble marquis, Blanche a la barbe comme fleur en avril. »

Son heaume en a l'amiral incliné,

Et vers la terre en baisse le visage;

Si grand deuil a qu'il en pensa mourir.

Il appela Jangleu l’outre-marin.

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