‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 165 sur 334 · CCLXXX VIII · texte numérisé non relu

CCLXXX VIII

Passe le jour, et tourne à la véprée1,

Francs et païens y frappent de l'épée.

Sont bons vassaus les chefs des deus armées ; Leurs cris de guerre ne veulent oublier :

L'émir païen Précieuse! a crié,

Charles : Monjoie ! l'enseigne renommée.

L'un connaît l’autre à sa vois haute et claire. Emmi le champ tous deus se rencontrèrent, Se vont férir, grands coups s’entredonnèrent De leurs épiés sur leurs targes à fleurs;

Les ont brisées dessous les boucles larges.

De leurs hauksrts les pans ils abattirent, Mais en les corps mië ne se touchèrent.

Les sangles cassent, et les selles versèrent ; .Tombent les rois, à terre se trouvèrent.

Rapidement sur leurs pieds se levèrent, Moult fièrement leurs épéës tirèrent.

Cette bataille ne peut être arrêtée,

Sans homme mort ne peut être achevée.

4. C'est-à-dire : « le soir s’avance. » On connaît encore le mot véprée, grâce à Ronsard.

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