‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 200 sur 334 · Les Sarrasins (la vile gent odieuse) n'échapperont pas · texte numérisé non relu

Les Sarrasins (la vile gent odieuse) n'échapperont pas

Que cet assaut leur faut abandonner,

N'y eut en eus, sachez-le, que dépit.

Dit l'un à l’autre : « Voilà un grand ennui!

Jamais en France ne pourrons retourner, Ni ne verrons ni femme ni enfants! »

Alors se sont arrière retirés

Les francs sergents et les francs écuyers, Car aus murailles n'osèrent plus toucher.

À cette vue les hardis chevaliers

Vite se vont armer et hauberger!,

Vont en fureur l'assaut recommencer ; Quatorze échelles ont fait aus murs dresser, Qui tant sont grandes qu'on les peut appuyer Sur les créneaus, et bien les y fixer.

Et Charlemagne, l’empereur aus yeus fiers, Fit la machine contre les murs tirer ;

En force y montent et sergents et archers.

Les arbalètes ont les arbalétriers,

Et ils en tirent maint fort carreau d'acier ; Les archers font les flèches décocher

Sur les païens, qu'ils voient se disposer Dessus les murs pour les pierres lancer ; Maint ils en tuent, qu'ils ont fait trébucher Du haut des murs et à terre tomber.

Fallait ouïr païens se lamenter,

Hurler et braire, Mahomet appeler !

D'une grand lieue s'en entendait le bruit.

Et les Français ne veulent s’attarder,

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