‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 201 sur 334 · Revétir du haubert · texte numérisé non relu

Revétir du haubert

De toutes parts font l'assaut commencer, Païens ne savent de quel part se garder.

Mais Aimeri, qu'on ne peut trop priser, Plus que tous autres, je puis bien l’affirmer, Se peinait bien de l'assaut renforcer.

Avec cent hommes, qui moult le chérissaient, Fit à la porte un fort assaut plénier :

Vingt tenaient vingt grandes haches d'acier, Et s'y montraient merveilleus charpentiers, Car tant y frappent et devant et derrière, Qu'ils font les ais se fendre et se trouer,

Et par-devant le fléau se briser.

Ceus du dedans ne se purent garder

Que dedans n'’entrent les vaillants chevaliers ;

Mais, qui que fût à la queuë derrière, Comte Aiïmeri y est entré premier.

Lors eussiez vu Sarrasins démembrer, L'un mort sur l’autre tomber et trébucher, Point ne leur sert de vouloir résister.

Fuyant s’en vont vers le palais princier,

À haute vois commencent à crier :

« Mahomet, sire, venez donc nous aider! »

Vers le palais pensent s’en retourner,

Mais bien avant qu'y fussent les félons,

Eu ont occis Français ? plus d’un millier.

Qui là eût vu comte Aimeri frapper, Païens occire de sa lame d’acier, :

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