‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 202 sur 334 · Les Français en ont occis · texte numérisé non relu

Les Français en ont occis

Têtes et bras et pieds et poings trancher, Bien l’aurait dû et louer et priser.

Frappe le comte en avant et arrière, Et avec lui maints vaillants chevaliers, Tant qu'ils pénètrent dedans le grand palais. Au sommet fait son enseigne dresser Comte Aimeri, et au vent déployer.

Charles le roi l’aperçut le premier, Naime il appèle, son maître conseiller :

« Voyez, seigneur, dit Charles aus yeus fiers, Grâces à Dieu, par qui tout est jugé, Comte Aimeri s'est déjà fait loger :

Je vois au vent son enseigne flotter.

Au nom de Dieu, le seul vrai justicier, Bien doit tenir la terre! »

Dans le palais, à l'étage plus haut,

Fut Aimeri, au courage vaillant.

Il prent son cor, en sonne hautement, Pour annoncer qu'il est dedans la place.

Quand l’empereur entendit lolifant,

En la ville entre, des éperons piquant, Et les barons vont après, le suivant.

D'or et d'argent ils trouvèrent là tant, Que plus n’en eut aucun roi ni émir.

Qui voulut armes ou cheval de valeur,

Page 1