‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 24 sur 334 · C'est-à-dire : « au besoin pendant tout votre vie · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : « au besoin pendant tout votre vie

L'empereur Charles tint sa tête baissée,

Tira sa barbe, tourmenta sa moustache.

Ni bien ni mal à son neveu répont.

Français se taisent, excepté Ganelon;

En pieds se dresse, et vint devant le roi,

Moult fièrement commence son discours, .

Et dit au roi : « À tort croirez un fou,

Ni moi ni autre, sinon pour votre bien.

Quand ce vous mande le roi Marsilion

Qu'il deviendra, jointes ses mains, votre homme, Et toute Espagne tiendra par votre don,

Puis recevra la loi que nous tenons,

Qui vous conseille que la pais rejetions,

Ne lui chaut !, sire, de quel mort nous mourions. Conseil d'orgueil n’est juste que prévale ; Laissons les fous, aus sages nous tenons. »

Après cela y est Naimes venu,

Blanche eut la barbe et tout le poil chenu, Meilleur vassal n'y avait en la cour.

Et dit au roi: « Bien l'avez entendu,

Ce que vous a Ganelon répondu :

Sage conseil, si bien est entendu.

1. C'est-à-dire : « Il ne lui im arte pas {à celui qui vous conseille, etc.). »

Le roi Marsile est en guerre vaincu;

Vous lui avez tous ses châteaus ravi,

Par vos machines avez brisé ses murs, Brûlé ses villes et ses hommes vaincu.

Quand il vous mande qu’ayez merci de lui, Péché ferait qui demanderait plus,

Si par otages vous en veut faire sûr.

De vos barons vous lui manderez un ;

Cette grand guerre ne doit aller plus loin. » Disent Français: « Bien a parlé le duc. »

« Seigneurs barons, qui y enverrons nous, En Saragosse, au roi Marsilion ? »

Répont duc Naimes : « J'irai, si l’octroyez; Remettez m'en le gantet le bâton. »

Répont le roi : « Vous êtes un sage homme; Par cette barbe et par cette moustache, Vous n’irez pas cet an! de moi si loin.

Allez vous seoir quand nul ne vous appèle. »

« Seigneurs barons, qui pourrons envoyer Au Sarrasin qui Saragosse tient ? »

Répont Roland : « J'y puis aller moult bien.

— Ne le ferez, dit le comte Olivier,

Votre courage est terrible et moult fier;

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