Trait d'arbalète
Ceus qu'ils atteignent sont morts et écrasés, En ont occis maints ou endommagés.
Moult bien leur a le vavasseur aidé,
Lui et sa femme leur font grande amitié ; Des biens qu'ils ont ils ont bu et mangé, Et là-dedans sont aussi bien traités
Que s'ils étaient chez eus et dans leurs fiefs. Mais nous allons un peu les y laisser,
Du bon vassal Hugues je parlerai.
Il avait tant couru et chevauché,
Matin et soir le bon cheval pressé,
Qu'il voit Narbonne, que tant a convoité.
En la ville entre, sans nul autre délai ; Moult eut le corps lassé et harassé.
C'était dimanche, après qu'on eut mangé, Devant la salle! descendit au degré,
À un varlet a son cheval baillé,
Dedans la salle il est monté à pied.
À la grand table, de fin marbre sculpté, Fut Aimeri et ses gens appuyés.
Quand Hugues voient, tout réjouis en sont, Devant lui sont tout aussitôt dressés,
La plupart l'ont accolé et baisé.
Comte Aïmeri en pleure de pitié,
Et sans tarder lui a ainsi parlé :
« Hugues, fait-il, dites, qu'avez-vous fait ? Où sont restés les bons comtes prisés, Tous les soissante que j'avais envoyés,