Contre Savari
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Il est dessus, au premier rang devant.
Quand m'en souvient, moult ai le cœur dolent. Vite montez, et retournons fuyant ;
Car, s'ils noustiennent, morts serons sans garant !.» Et ils répondent : « Tout à votre command ?.
De bien fuïr ne faut nous prier tant,
Car de combattre ne sommes désirants. »
Lors courent tous aus chevaus sur le champ :
Qui roussin trouve, destrier ne va cherchant; Chacun saisit ce qu'il trouve devant,
L'un un roussin, l’autre un coursier vaillant, L'autre un sommier, l’autre un mulet trottant. Savari même n'y va pas choisissant,
Sans selle monte en un destrier courant,
Plus tôt qu'il put s’en est tourné fuyant,
Et après lui se pressent Allemands,
Car le plus fort le plus faible n’attent.
Hugues les voit, qui arrivait piquant
Sur le destrier qui le grand galop prent,
Et il s’élance, en lui-même pensant
Que s’il échappe, il ne se prise un gants.
Tant a piqué le bon cheval courant,
Que Savari, qui s'en fuyait devant,
Il a atteint au détroit ? d’un versant.
I1 lui écrie : « Lâche, n'irez avant!
Ce jour, paîrez votre trahison grand. »