‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 251 sur 334 · Il pourrait en résuller tel malheur · texte numérisé non relu

Il pourrait en résuller tel malheur

En mon pays je voudrais retourner,

Car des païens me faut moult me garder.

Sûrement sais qu’ils ne m'ont guères cher; S'ils en pouvaient quelque moyen trouver, Moult volontiers me feraient enlever

Le Narbonnaiïs et mon palais princier,

Que Charlemagne le roi me fit donner.

Si le perdais pour à dame être allé,

Bien pourrait dire‘ et pour vrai déclarer Qu'à mauvais hoir il l'aurait fait donner.

— Sire, dit-il, le ferai volontiers. »

Alors se dresse en pieds le fils Garnier ; Avait en lui moult noble chevalier,

Bel et courtois et bien sachant parler.

À Boniface lors il s'est adressé,

Et aus Lombards qu'il vit délibérer :

« Seigneurs, dit-il, ne vous doit ennuyer La volonté d’'Aimeri le vaillant,

Pour quoi ? il vint dans ce palais princier.

De par le comte, s’il vous plaît, vous requiers Que lui donniez Hermengarde aus yeus fiers.

Si l’a le comte, moult vous pouvez priser :

En toutes cours vous serez plus aimés,

Et sur vos terres plus redoutés et fiers.

Et s’il ne l’a, ne vous le veus nier,

En son pays s’en voudra retourner,

Il prendra femme avant un mois entier,

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