‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 254 sur 334 · Je ne vous demande pas autre chose · texte numérisé non relu

Je ne vous demande pas autre chose

L'un avec l'autre se prit à concerter :

« Par saint Remi! Bien nous doit! ennuyer.

Roi Boniface ne nous a guère chers,

Qui à tel homme nous veut ici donner :

Plus aime guerre que boire ni manger ;

Si après lui il nous faut chevaucher,

Pas un de nous n’en pourra retourner. »

Quand Boniface les entent discuter,

À Aimeri se prit à s'adresser :

« Noble baron, point ne vous veus celer

Que ces Lombards, que je vous veus bailler, Toujours seront couards pour commencer.

Si en venez au fort combat plénier,

Au front devant faites les chevaucher,

Et faites-leur les premiers coups donner.

Lors deviendront et courageus et fiers ; Avant qu'ils soient occis ni prisonniers,

Bien le sachez, ils se vendront moult cher. » Lombards l’entendent, et moult en sont troublés : Dit l’un à l’autre : « Rien ne sert s’alarmer. Si par bons coups ne nous pouvons sauver, Honni soit-il, comme faucon lanier ?,

Qui mettre à mal se laisse ni tuer,

Tant qu'il pourra tenir lame d'acier.

Lors se séparent les barons chevaliers :

S'en va le comte, a sa femme emmené.

Roi Boniface arrière est retourné,

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