C'est-à-dire : « Les jongleurs ont là une bonne aubaine
Lors ils ont tant de païens amené, Qu'on n’en pourrait dénombrer les milliers.
Assiégé ont ton grand palais princier ; N'y a plein pied de terre, à mon jugé, Où ils n'aient tente ou pavillon dressé.
Moult fièrement nous assaillirent hier, Mais, grâce à Dieu, n’y ont guères gagné. Avons tué des leurs plus d’un millier, Mais nous en eûmes beaucoup d'endommagés, Cruellement et frappés et blessés.
Avant qu'arrière nous pussions retourner, Nous en fallut une moitié laisser.
Dieu ait leurs âmes, qui tout a à juger!
Par moi, qui ai pris part à la mêlée,
Bien pouvez voir que j'en dis vérité. »
Dit Aimeri : « Bien ressembles guerrier, Ÿ a en toi moult vaillant chevalier, Meilleur que toi trouver je ne pourrais. »
À Hermengarde a ces mots adressé :
« Belle, dit-il, un conseil me donnez; Par le Seigneur, moult grand besoin j'en ai.
—- Sire, fait-elle, par ma foi volontiers, Car, il me semble, facile est le conseil.
N’avez-vous pas quatre mille guerriers, Que Charlemagne avec vous a laissés ?
Aussi avez de Lombards un millier, Dont chacun a et armes et destrier.
Si en venez au grand combat plénier,