Tu as la mine d'un bon guerrier
Par eus pourrez grand combat commencer.
Allez avant, vous et vos chevaliers,
Et moi j'irai, si voulez l’approuver,
Droit à Vienne au palais me loger
Du duc Girard votre oncle, le guerrier.
Je le prirai, si vraiment vous a cher,
Qu'il vous secoure en ce pressant danger ; Il est votre oncle et vous doit bien aider.
De moi, seigneur, faites un messager, Vous n’y pouvez plus fidèle envoyer. »
Lors Aimeri a sa femme embrassé ;
Les yeus, le front lui commence à baiser.
« Dame, dit-il, bien vous avez parlé, Bien me savez loyaument conseiller.
Âllez-y donc, point ne faut s’attarder ; Vous recommande au vrai Dieu justicier.
— Et moi vous, sire, à Dieu le droiturier, Qu'il vous défende de mort et de malheur. »
S’en va le comte, a sa femme quitté;
Cinq cents Lombards avec elle envoya,
Et quatre comtes qui moult sont à priser :
Droit à Vienne les comtes l'ont menée...
À Lunel va Aimeri se loger,
Jusqu'au matin où vit luire le jour.
Armer se fit le comte et hauberger!,
Et il sauta sur un courant destrier.
Puis s’en alla sur un tertre monter :
De sa cité voit les murs blanchoyer,