‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 29 sur 334 · DÉPART, VOYAGE ET TRAHISON DE GANELON · texte numérisé non relu

DÉPART, VOYAGE ET TRAHISON DE GANELON

Lors Ganelon s’en va à son hôtel!,

Et de ses armes se prent à se vêtir,

De ses meilleures que il y put trouver.

Éperons d'or a en ses pieds fixé,

Ceinte Murglais son épée au côté ;

Sur Tachebrun son destrier est monté :

L'étrier lui tint son oncle Guinemer.

Là eussiez vu moult chevaliers pleurer,

Qui tous lui disent : « C'est pour vous grand malheur ! En cour de roi moult vous avez été,

Noble vassal y êtes appelé.

Qui conseilla que vous dussiez aller,

Par Charlemagne ne sera protégé.

Roland le comte à vous n'eût dû penser,

Car êtes né de haute parenté. »

Après lui disent : « Seigneur, nous emmenez ! » Répont le comte: « Ne plaise à Dame-Dieu!

Mieus est seul meureÿ que tant de bacheliers. En douce France, seigneurs, vous en irez : De mienne part ma femme saluez,

Et Pinabel mon ami et mon pair,

1. À son logis, c'est-à-dire, dans la circonstance, à sa lente.

2. C'est-à-dire : « Charlemagne lui-même ne saurait le protéger contre notre ressentiment. »

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