‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 296 sur 334 · Je vois · texte numérisé non relu

Je vois

3. C'est-à-dire : « On peut le considérer comme déjà mort et perdu. Puisque je le vois, il (neutre) ne sera pas attendu, on n attendra pas davantage, je vais l’attaquer. »

4. Onc, onques — jamais. Entendez : « lui donnât-on tout l'or du monde. »

Son arbalete et ses carreaus d'acier, Dards émoulus, préparés pour lancer.

On lui amène Alion son destrier :

À grand merveille était ce cheval fier, Et si fougueus, me l’a-t-on affirmé, Que d’une toise nul n’en put approcher, ét Hormis celui qui en fut coutumier :

Quatre dards a à la selle attachés, Masse de fer à l’arçon par derrière.

Dieu! Quel cheval pour qui pût le dompter!

Plus vite court que lièvre ni lévrier.

Le roi Corsolt y monta par l'étrier, À son cou pent un bon écu doré, Qui bien était d’une grand toise long; Jamais de lance il ne daigna porter.

À haute vois à son oncle a crié :

« Faites silence, dit-il, et m'écoutez !

Les sénéchaus faites tôt avancer, Les tables mettre, préparer le manger; Pour ce Français ne le faut retarder.

Plus tôt l’aurai occis et démembré, Que vous n’iriez demi-arpent à pied.

De mon épée point ne le veus toucher :

Si de ma masse puis un coup asséner, + : Sije n’abas et lui et son destrier, Jamais franc homme ne me donne à manger!»

Païens s’écrient : « Mahon te puisse aider ! » Parmi le camp commença à piquer !.

FT

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