‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 297 sur 334 · Piquer des deus · texte numérisé non relu

Piquer des deus

ete

Comte Guillaume vit venir l'ennemi, Laid et hideus, et d'armes tout chargé ; S'il le redoute, nul n’en doit s'étonner.

Dieu invoqua, le père droiturier:

« Sainte Marie, que voilà bon destrier!

Moult serait bon pour servir chevalier.

fl me le faut des armes épargner;

Dieu le protège, qui tout a à juger, Que mon épée ne le puisse blesser ! »

Ce ne sont là paroles de couard.

Avant tout, Guillaume descent de cheval, se tourne vers l'Orient et adresse humblement à Dieu une longue prière, qui est, suivant l'usage, une sorte de Credo résumant tout l’ancien et le nouveau Testament. Puis il fait le signe de la crois et se lève.

Le Sarrasin vint à lui étonné : d y | « Dis-moi, Français, ne me soit pas celé!,

À qui as-tu si longuement parlé ?

— Vrai, dit Guillaume, entendras vérité :

À Dieu de gloire, le roi de majesté,

Pour qu’il m'assiste, par sa grande bonté,

Que je te puisse tous les membres couper,

Et que tu sois en ce combat maté. »

Dit le païen : « Tu as folle pensée.

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