‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 303 sur 334 · Le cheval de Corsolt · texte numérisé non relu

Le cheval de Corsolt

2. Se vendre cher signifie, par extension, « se bien comporter en bataille », même lorsqu'on n’y meurt pas.

Le roi Galafre, quand il l’a aperçu,

En son cœur prie Mahomet et Cahu :

« Mahomet sire, quel mal m'est advenu !

Merci vous crie, que miracle fassiez,

Que de Guillaume je puisse me saisir! » Son destrier pique des éperons aigus.

Comte Guillaume point n’a le sens perdu ; Grands coups se donnent en haut sur les écus, Dessous les boucles bientôt les ont fendus, Les blancs hauberts démaillés et rompus, Le long des côtes sentent fers émoulus.

Par Dieu fut bien Guillaume secouru,

Et par saint Pierre, dont champion il fut, Car par le roi blessure ne reçut.

Le noble comte lui a tel coup rendu,

Que des deus parts a les étriers perdus.

Le cheval baisse ! quand a le coup senti, Et lors tomba le roi Galafre à terre.

En terre s’est fiché le heaume aigu,

Avec tel force que deus lacs a rompus.

Comte Guillaume s'est sur lui arrêté,

Tire l'épée à l'acier émoulu,

Va lui trancher la tête sur le tronc, Quand Dieu y fit un merveilleus miracle, Car maints captifs malheureus et dolents Ce jour en furent hors de prison tirés.

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