Fléchit
Comte Guillaume fut moult bon chevalier.
Devant lui vit le roi tout renversé ;
S'il l'eût voulu, le chef lui eût tranché,
Quand celui-ci merci lui a crié :
« Point ne me tue, quand Guillaume tu es, Mais prens-moi vif, tu y peus moult gagner.
Je te rendrai le riche roi Gaifier,
Lui et sa fille, aussi sa franche femme,
Et trente mille de pauvres prisonniers.
Si je mourais, tous en seraient occis.
— Par saint Denis, dit le comte aus yeus fiers, Pour tel raison tu dois être épargné. »
Guillaume s’est redressé sur l’étrier,
Le roi lui rent le riche brant d'acier.
Au pape il l'a tout d'abord envoyé,
Et bien trois cents des autres prisonniers.
Quand Sarrasins, les gloutons imposteurs,
Ont vu ainsi leur seigneur succomber,
En fuite tournent, par routes, par sentiers.
De là au Tibre ne veulent s’attarder ;
Leurs nefs trouvèrent, dont grand besoin avaient, Dedans entrèrent, s’éloignent du gravier!.
Comte Guillaume arrière est retourné ; Le roi désarment dessous un olivier,
Le noble comte se prit à lui parler :