‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 316 sur 334 · S’engagent à aider Richard · texte numérisé non relu

S’engagent à aider Richard

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Mieus leur vaudrait qu'ils l’eussent délaissé, Car ils en furent, depuis, déshonorés.

Dieu ! si du moins Guillaume le savait!

Au matin monte!, se met à chevaucher Jusqu'à Lions ?, riche et vaste forêt.

Dans une lande sont descendus à pied, Les paysans leur portent à manger.

Quand ont dîné les nobles chevaliers, Beaucoup s’endorment, car ils sont fatigués : Le voit Guillaume, lui en prit grand pitié.

Pour s'adouber il demande ses armes,

On les lui a sans nul délai portées :

Le haubert vêt*, le heaume d'acier lace,

Et ceint l'épée au pommeau ciselé.

On lui amène Alion son destrier,

Le comte y monte par son senestre étrier ?, À son cou pent un écu à quartiers,

Prent en son poing un fort tranchant épié, Le gonfanon par quinze clous fixé.

In'’emmena que deus seuls chevaliers, Sur la rivière Ÿ ils vont se divertir.

Voici venir le duc Richard le vieus,

Qui tout le jour l'avait fait épier,

Et avec lui ses quinze chevaliers.

Le voit Guillaume, moult il en fut troublé.

Il monte à cheval.

Lions-la-Forêt (Eure).

Il revêt son haubert.

Par l'étrier du côté gauche.

Sur le bord de la rivière.

Comte Guillaume chevauche près d’un pont; Voici venir le duc Richard le rous,

Et avec lui ses quinze compagnons.

Le voit Guillaume, lui en prit grand frayeur, Parle à vois basse à ses deus compagnons :

« Barons, dit-il, dites-moi que ferons ?

Ici nous vient le duc Richard le rous,

Et il me haït par moult grande raison,

Son fils j'occis, pour vrai bien le sait-on; Mais cependant accordés nous étions,

La pais fut faite dans le moutier de Tours. » Et ils répondent : « Pourquoi le craignez-vous ? Mais chevauchez et piquez ! jusqu’au pont, Et un salut courtois lui adressez.

À vos paroles si mal il répondait,

Lors tenez-vous à l'écu à lion? :

Pour l’or du monde nous ne vous faillirons. » Répont Guillaume: « Merci à vous, barons. »

LIIT

Comte Guillaume vint au pont le premier, Par ces paroles a le duc abordé :

« Duc, dit le comte, Dieu veuille te sauver!

Faut-il de vous que j'aie à me garder?

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