‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 317 sur 334 · Piquez des éperons · texte numérisé non relu

Piquez des éperons

2. C'est-à-dire : « comptez sur votre écu à lion, mettez-vous en défense. » — À lion est une épithète de nature : orné d'un lion.

Jadis ensemble nous sommes accordés,

La pais fut faite à Tours, dans le moutier;

Là nous baisâmes, devant maints chevaliers, — Vrai, dit Richard, bien vous savez prècher. Tu m'enlevas le meilleur héritier

Qui jamais fut pour terre gouverner;

Mais, par l’apôtre qu'à Rome on va prier, Avant que partes, seras moult courroucé!

Ni Dieu ni homme ne te pourrait sauver

Que ne te fasse cette tête trancher,

Et tous les membres hors du corps arracher. » Guillaume dit: « Glouton, Dieu te maudisse ! Je ne te prise plus qu'un chien enragé. »

Alion pique ‘ des éperons d’or pur,

Frappe Richard sur l'écu à quartiers, Dessous la boucle il le lui a percé,

Le blanc haubert rompu et démaillé,

Dans le flanc gauche lui fait couler l'acier, Qui des deus parts en fait le sang jaillir.

Le bon cheval s’est du fais déchargé ;

Les éperons tournèrent vers le ciel,

Le bout du heaume s’est en terre fiché,

D'une tel force que deus lacs se rompirent.

Sur lui s’arrète le comte, et son brant tire : Mon escient, il en eût pris la tête,

Lorsque les quinze, que Dieu puisse maudire, Coururent sur Guillaume le guerrier.

Qui l'aurait vu contre tous se défendre,

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