‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 318 sur 334 · Il pique Alion · texte numérisé non relu

Il pique Alion

0 TR. Re re a 7

Du brant d'acier les riches coups payer, Du noble comte aurait pris grand pitié.

Ses compagnons lui sont venus aider ; Tout aussitôt abat chacun le sien.

Tant leur aida le Père droiturier,

Que dis en ont occis et démembrés,

Se sont enfuis les cinq autres blessés.

Comte Guillaume les suit au dos derrière, Et leur a dit vilains mots de reproche.

Les cinq s’en vont fuyant parmi un tertre, Comte Guillaume les poursuit et les presse,

À haute vois leur dit injure belle :

« Seigneurs barons, par Dieu le roi céleste, Comment sera cette honte soufferte ?

Votre seigneur nous mènerons en destre!.

Dieu ! quel baron, libre s'il pouvait être! »

Et ils répondent : « Pour Dieu, pitié, Guillaume ! Franc chevalier, roi vous devriez être,

Ou amiral ? d'une grand riche terre.

Par le Seigneur, bien vous nous pouvez prendre : Sur nos arçons s’épandent nos entrailles,

Au plus allègre ne chaut d'aller en destre$. » L’entent Guillaume, il a tourné sa rène.

4. Nous l'emmènerons prisonnier (sur un cheval que l'on tient de la main droite). « Mener en destre » équivaut aussi à « mener en laisse ».

Page 1