‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 320 sur 334 · Mais il n'en sera ainsi · texte numérisé non relu

Mais il n'en sera ainsi

Tout le pays est à jamais perdu,

Noble seigneur, si ne le secourez. »

L'entent Guillaume, s’est vers terre incliné, Et roi Louis commença à pleurer.

Le voit Guillaume, pense en perdre le sens :

« Hé ! Pauvre roi, et lâche et assoté,

Je te pensais soutenir et aider

Contre tous ceus de la chrétiïenté,

Mais tout le monde! t'a si bien pris en haine, Qu'à ton service vais ma jeunesse user, Avant que n'’aies toutes tes volontés.

Faites vos hommes et vos barons mander, Que tous y viennent les pauvres bacheliers, Qui chevaus ont éclopés, déferrés,

Et les armures défaites et faussées.

Tous ceus qui servent en pauvres seigneuries Viennent à moi ! Assez leur donnerai

Or et argent et deniers monnayés, Destriers d'Espagne et vigoureus mulets Que j'amenai de Rome la cité ;

Et en Espagne j'en aitant conquêté,

Que je ne sais où mettre le disième ?.

Nul ne pourra m'en tenir pour avare,

Les donnerai tous et bien plus encore. »

Répont le roi : « Dieu vous en sache gré ! »

Ils font leurs brefs et leurs chartes sceller, Et leurs sergents et leurs valets partir.

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