Guion. accusatif de Gui
Lorsque Louis allait se lamentant,
N'en fut aucun si hardi ni puissant,
Qui devant lui osât tendre son gant.
Pensiez-vous donc que j'allais reculer ?
Ne le ferais pour l’honneur d’Abilant.
Messager, frère, dis à Gui l'Allemand Qu'aille s'armer, puis vienne dans le champ.
Comte Guillaume lui sera au devant. »
Le messager va rendre compte à Gui du résultat de sa mission ; il lui rapporte qu'un chevalier, nommé Guillaume, a relevé le défi, et que ce chevalier a un neveu, nommé Bertrand, qui aurait voulu se battre à sa place.
« Ami, beau frère, a dit Gui l'Allemand, Quand sur Guillaume j'aurai gagné le champ, Si alors veut ce sien neveu Bertrand,
Pour la bataille ne lui serai manquant.
Apportez-moi mes plus chers armements. » Et il répont : « Tout à votre command ! »
On les apporte sans nul retardement.
Au dos lui vêtent son haubert jaseran,
Rouge est la maille plus que n’est feu ardent. Et puis lui lacent un vert heaume luisant, Une escarboucle au nasal par devant.
Ceinte a l'épée à son senestre flanc1,
On lui amène le bon destrier courant,
Une autre épée pent à l’arçon devant.