Par le milieu de
2. C'est sur l'emplacement du pré Néron qu'était bâtile Vatican.
3. Joyeuse... que lui donna. Sur Joyeuse, voyez la chanson de Roland, laisse CCXIIL.
Au tertre monte Guillaume le marquis.
Gui d'Allemagne ces paroles lui dit :
« Qui es-tu, toi, et songe à ne mentir,
Qui en ton cœur si grande audace as pris, Que contre moi osas en champ venir ?
— Vrai, dit Guillaume, je vous l'aurai tôt dit. Bien dois combattre au brant d'acier fourbi : Rome est par droit au roi de Saint-Denis,
Et c’est moi-même qui la bataille en fis,
Là, sur ce tertre, vers 1 Corsolt d'Arabie,
Le plus fort homme qui de mère naquit.
Il me coupa le nez sur le visage. »
Quand Gui l'entent, peu s'en faut qu'il n'enrage, N'y voudrait être pour le fief de Paris ?.
Il s’est encore à Guillaume adressé :
« Es-tu, dis-moi, Guillaume le marquis,
Le fils du comte de Narbonne Aimeri ?
Faisons la pais et soyons bons amis,
Et moi et toi aurons Rome à tenir. »
Guillaume dit : « Glouton, Dieu te maudisse!
Pour discourir ne suis venu ici.
Je ne veus mie mon droit seigneur trahir,
Ne le ferais quand j'y perdrais la vie. »
Quand Gui l’entent, peu s’en faut qu'il n’enrage,
Contre.
2. 1l voudrait ne plus être là, lui donnât-on Paris. 3. À gouverner.
L'apôtre en jure ! qu'à Rome l’on bénit :
« Je me tiens vil de t'en avoir requis?,
Et te défie par Dieu de paradis! »
Répont Guillaume : « Je te défie aussi! »
Ils s’entr'éloignent plus loin qu'un arc ne porte, Puis se retournent et se montrent la face.
Les forts écus tiennent sur la poitrine,
Bien se préparent à rudes coups férir.
Les chevaus piquent des éperons fourbis, Lances baissées ils se sont attaqués,
Grands coups se donnent sur les écus bombés, Dessous les boucles les ont en pièces mis.
Les blancs hauberts ils ne purent fausser,
Si bien résistent que les lances s’y brisent,
Et vers le ciel en volent les éclats.
Is s’entre-frappent des corps et des poitrines, Ensemble joignent les forts écus bombés,
Et les hauberts et les chevaus de pris ;
Dessus leurs têtes font les heaumes grincer, Sang et sueur font à terre couler,
Tant que tous quatre“ il leur fallut tomber.
Les bons destriers sont à terre étendus,
Et les vassaus sont sur pieds relevés.
Les brants tirés, écus en avant mis,
Bien montreront qu'ils ne sont pas amis.