NOUVELLES RÉVOLTES EN FRANCE
Le preus Guillaume est dedans Rome entré, [Il a Louis son seigneur couronné,
Et bien lui a tout l'empire assuré.
Lors se prépare et songe à retourner.
Ils ont ensemble si longtemps cheminé, Qu'ils sont venus au royaume de France.
S'en va le roi à Paris la cité,
Comte Guillaume rentre à Montreuil-sur-Mer.
Lors se pensait Guillaume reposer, Chasser en bois et sur rivière aller,
Mais ne sera tant qu'il pourra durer! ;
Car se voulurent les Français révoller, L'un contre l'autre se battre et guerroyer.
Les villes brülent, ravagent la contrée,
Le roi Louis ne veulent maintenir.
Un messager à Guillaume le comte; L’entent le preus, pense en perdre le sens, Bertrand appèle : « Neveu, vous entendez!
Au nom de Dieu, quel conseil me donnez? |
4. Mais cela ne sera pus (il ne pourra se reposer) de toute sa vie.
Le roi messire! est tout déshérité. »
Répont Bertrand: « Laissez-le donc aller !
Laissez la France, au diable l'envoyez, Avec ce roi qui tant est assoté !
Bientôt n'aura d'héritage un plein pied. »
Répont Guillaume : « Ainsi point ne parlez ! En son service veus ma jeunesse user. »
I] fait ses hommes et ses amis mander ; Tant ils se sont hâtés de chevaucher,
Qu'ils sont venus à Paris la cité,
Là a Guillaume le roi Louis trouvé. 7" ” Dès lors commencent grands guerres à mener.
Quant voit Guillaume, le marquis au court nez, Qu'en cette terre ne pourra demeurer,
Car trop y a des ennemis mortels,
Il prent l'enfant ? qu'il avait à garder,
Et l'emmena dans la cité de Laon ;
Le fait à ceus de la ville garder,
Puis ils'en va les barrières forcer,
Et les hauts murs percer et effondrer.
En moins d’un an les * a si bien menés,
Que quinze comtes fit à la cour aller,
Et qu'il leur fit tenir leurs héritages
Du roi Louis, qui a France à garder.
Et puis sa sœur il lui fit épouser.
Sa grand puissance a Louis recouvré,
Mais il n’en sut à Guillaume aucun gré.
A. Le roi mon seigneur.
2. L'enfant, nous dirions aujourd'hui le jeune roi. Le sens du mot «enfant » s’est restreint et ne comprent plus l'adolescence. 3. Les — les ennemis du roi.