‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 38 sur 334 · Avec · texte numérisé non relu

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Dit le païen : « J'ai grand étonnement

De Charlemagne, qui est chenu et blanc.

Mien escient, plus a de deus cents ans.

Par tant de terres est allé conquérant !

À tant de coups pris des épiés tranchants,

Tant de grands rois morts et vaincus! en champ ! Quand sera-t-il de guerroyer lassé ?

— Ce ne sera tant que vivra Roland.

N'est tel vassal d'ici qu'en Orient.

Et moult est preus Olivier son ami ;

Les douze pairs, que Charles aime tant,

Font l'avant-garde à vingt milliers de Francs ; Tranquille est Charles, ne craint homme vivant. »

ALVIT

« Beau seigneur comte, dit Marsile le roi,

J'ai telle gent, plus belle ne verrez.

Quatre cent mille chevaliers puis avoir :

J'en puis combattre et Charle et les Français. » Ganelon dit : « Non point pour cette fois !

De vos païens moult grand perte y aurez.

Laissez folie, sage conseil prenez !

À l’empereur tant envoyez d'avoir,

N'y ait Français qui n’en soit merveillé.

Grâce aus otages que vous lui enverrez,

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