‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 39 sur 334 · Il a lué et vaincu tant de rois · texte numérisé non relu

Il a lué et vaincu tant de rois

En douce France retournera le roi,

Sa rière-garde aura derrière soi :

Là son neveu Roland sera, je crois,

Et Olivier, le preus et le courtois ;

Morts sont les comtes si quelqu'un veutm'en croire. Charles verra son grand orgueil déchoir,

N’aura désir que jamais vous guerroie. »

« Beau seigneur comte, ce dit le roi Marsile, Par quel moyen pourrai Roland occire ? »

Ganelon dit : « Le vous saurai bien dire :

Le roi sera aus meilleurs ports! de Cize, Sa rière-garde aura derrière mise ;

Là son neveu Roland sera, le riche,

Et Olivier, en qui tant il se fie;

Vingt mille Francs ont en leur compagnie.

De vos païens leur envoyez cent mille ; Une bataille que d’abord ils leur livrent !

La gent de France à mal y sera mise.

Point je ne dis que les vôtres n’y perdent.

Autre bataille leur livrerez de même,

De l’une ou l’autre Roland n'échappera.

Lors aurez faite gente chevalerie ;

N’aurez plus guerre en toute votre vie. »

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