‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 53 sur 334 · Qui ne pleure · texte numérisé non relu

Qui ne pleure

Plus que tous autres est Charles angoisseus ; Aus ports d'Espagne a laissé son neveu :

Pitié l'en prent, ne se tient de pleurer.

Les douze pairs sont restés en Espagne, Vingt mille Francs ont en leur compagnie.

Ils n'ont pas peur, ni de mort nulle crainte. L'empereur Charles s’en retourne vers France : Pleure des yeus, tire sa barbe blanche ; Sous son manteau cache sa contenance.

Auprès de lui chevauche le duc Naimes, Et dit au roi : « De quoi avez souffrance ?

— Grand tort, dit Charles, me fait qui le demande. Si grand deuil ai!, ne me tiens de m'en plaindre; Par Ganelon sera détruite France !

L'ange de Dieu m’a en songe fait voir Que me brisait entre les mains ma lance Celui qui fit Roland arrière mettre.

Je l'ai laissé en pays étranger ; . Dieu ! Si le pers ?, plus n'aurai son pareil. »

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